La vente des archives personnelles de Martin Margiela, organisée par la maison de ventes Christie's à Paris, a provoqué un engouement sans précédent. Les 200 lots, comprenant des vêtements, des accessoires et des documents, ont été adjugés pour un total de 2,3 millions d'euros, bien au-delà des estimations initiales. Un simple manteau en laine grise, datant de la collection automne-hiver 1989-1990, a atteint 120 000 euros, soit dix fois son estimation.
Une ferveur de collectionneurs
Pour les passionnés, ces pièces sont bien plus que des vêtements. « C'est comme avoir un os de sainte Thérèse », a déclaré un collectionneur anonyme cité par Libération. « Chaque objet raconte une part de l'histoire de la mode contemporaine. » Margiela, connu pour son anonymat et son approche déconstructiviste, a marqué les années 1990 et 2000. Ses archives, conservées dans des cartons pendant des années, ont été mises en vente par un proche du créateur.
Des prix records pour des pièces iconiques
Parmi les lots les plus remarquables, une veste en toile de jute de la collection printemps-été 1991 a été vendue 80 000 euros, tandis qu'une paire de chaussures Tabi, emblème de la maison, a atteint 15 000 euros. Les documents, comme des croquis et des lettres, ont également suscité un vif intérêt. Un carnet de notes de Margiela, contenant des idées pour ses premières collections, a été adjugé 45 000 euros.
Un marché en pleine effervescence
Cette vente s'inscrit dans un contexte de hausse des prix pour la mode de créateur des années 1990 et 2000. Selon Christie's, le nombre d'enchérisseurs a augmenté de 40 % par rapport à une vente similaire en 2022. « Les collectionneurs recherchent des pièces uniques, avec une histoire », explique un expert de la maison. « Margiela incarne une époque où la mode était encore expérimentale et secrète. »
Un héritage préservé
Malgré la dispersion des archives, certains regrettent que ces objets ne soient pas conservés dans un musée. « C'est un patrimoine qui part chez des particuliers », déplore un conservateur du Musée des Arts Décoratifs. « Mais cela montre aussi l'importance de Margiela dans l'histoire de la mode. » La vente a attiré des collectionneurs du monde entier, notamment d'Asie et des États-Unis, confirmant la renommée internationale du créateur belge.



