Le conflit autour de l’aérodrome de Deaux s’enlise entre la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Nîmes, la mairie, l’Agglo d’Alès et l’État. Évalué à 2,7 millions d’euros, le site est en cours de déclassement. Un dossier complexe et rendu opaque par le manque de transparence de certains acteurs.
Une réunion sous haute tension
Ce vendredi à 13 h 30, la température était élevée sur la piste de l’aéro-club de Deaux, mais l’accueil réservé à la presse a été des plus glacial. La réunion initiée par le député Pierre Meurin (RN) avait pour but de rassembler l’ensemble des partenaires et tenter de débloquer une situation complexe.
La presse écartée
Si la presse n’avait pas été officiellement conviée, le fait que le sujet du jour soit en rapport avec la gestion du domaine public, l’octroi de subventions avec l’argent public et le développement du territoire est susceptible d’intéresser le plus grand nombre. C’est donc à huis clos que s’est tenue la réunion.
Les positions des acteurs
Concrètement, la CCI de Nîmes, dont les intérêts ne convergent pas avec ceux du territoire cévenol, veut se débarrasser des installations de Deaux, mais pas à n’importe quel prix. Une évaluation des terrains aurait été fixée à environ 2,7 M€. Pourtant représentée par les Alésiens Colette Ruegger et Philippe Lamouroux, la CCI a adopté une position loin d’être en accord avec le président d’Alès Agglo, Christophe Rivenq.
Une demande de déclassement en cours
Une demande de déclassement de l’aérodrome a été réclamée par la CCI. « Il faut compter au moins trois ans minimum pour aller au terme de la procédure, confirme Nicolas Dubois, responsable à la Direction de la sécurité de l’aviation civile (Dsac). Nous sommes en train d’établir un rapport d’après les éléments techniques fournis par la CCI. Ce sera au ministre des Transports de signer le document final. »
Le maire de Deaux en position de force
Dans ce dossier, la position du maire de Deaux, Didier Salles, est constante. L’élu préfère le photovoltaïque à l’aviation et n’entend rien céder. Le maire est en position de force. Il maîtrise l’urbanisme sur sa commune et dispose d’un droit de préemption en cas de vente des terrains par la CCI. Seul problème : il paraît difficile pour une commune de 600 habitants de sortir la somme réclamée… à moins de s’adosser à un promoteur immobilier comme Altarea.
Le député Pierre Meurin réclame l’arbitrage de l’État
« Nous avons bien reçu une manifestation d’intérêt de ce groupe pour un projet photovoltaïque avec le maintien d’une activité aéronautique mais rien n’est vraiment chiffré, indique le député Pierre Meurin qui réclame un effort de tous pour trouver une solution. Sinon, ça va finir au contentieux. À un moment, il faudra que l’État dise si un maire d’un village de 600 habitants peut décider de l’avenir d’une infrastructure régionale. »



