Expert reconnu dans le développement commercial des territoires, Arnaud Ernst est intervenu mercredi 6 mai à Saint-Raphaël, à l'invitation de l'ARCOR. Devant une assemblée de commerçants et d'élus réunis salle Félix-Martin, il a livré son analyse et ses préconisations pour redynamiser le centre-ville.
Un constat sans concession
« Notre métier, c’est d’accompagner les territoires pour soutenir l’activité économique et l’attractivité », a rappelé Arnaud Ernst. Il a souligné la révolution des modes de consommation : baisse du pouvoir d'achat, essor du digital (200 milliards d'euros de chiffre d'affaires en France l'an dernier) et concurrence des zones commerciales. « En France, 85 % des besoins de consommation passent encore par un magasin, mais 70 % de ces magasins sont situés en zone commerciale », a-t-il précisé.
Le centre-ville de Saint-Raphaël doit notamment faire face à la zone de la Palud, à Puget-Fréjus, qui concentre boulangers, pharmaciens et autres commerces. « Il faut encourager les commerçants et les élus à miser sur des atouts comme le front de mer, les animations et les terrasses », a insisté l'expert.
Un potentiel démographique important
Arnaud Ernst a rappelé que « chaque année, 500 nouvelles familles s'installent à Saint-Raphaël, représentant entre 15 000 et 20 000 euros injectés dans l'économie locale par famille ». Une opportunité à saisir pour le commerce de proximité.
Stationnement : 100 000 heures offertes aux commerçants
Les commerçants ont pointé la difficulté de stationnement en centre-ville comparé à la zone de la Palud. Si le parking Bonaparte dispose de places, les tarifs élevés du souterrain freinent son usage. L'expert estime que « plus la promesse est de qualité, plus les gens acceptent les contraintes ».
Le maire, Frédéric Masquelier, a annoncé la mise à disposition de 100 000 heures de stationnement que les commerçants pourront offrir à leurs clients, à leur discrétion. Une mesure moins généreuse que celle de Cannes (trois heures gratuites le week-end et deux heures en semaine).
Repenser les horaires d'ouverture
Arnaud Ernst a invité les commerçants à faire évoluer leurs pratiques : « Fermer le lundi, entre midi et 14h, ou à 18h45 n'est plus tenable. Les données montrent que le pic de fréquentation est de 12h à 13h, heure à laquelle beaucoup sont en pause déjeuner. » Il a cité l'exemple d'un commerçant qui, après avoir ouvert le lundi, en a fait son troisième meilleur jour.
L'expert a évoqué le modèle espagnol, avec une fermeture de 14h à 17h, adapté aux habitudes locales. « Il faut se réinterroger collectivement et individuellement. Les clients changent, leurs attentes évoluent. La révolution est en marche, et le centre-ville doit s'adapter avec tous les acteurs », a-t-il conclu.



