Antoine Arnault défend le dialogue avec le Rassemblement national
Alors que les récentes rencontres entre dirigeants du Rassemblement national et le patronat suscitent des débats, Antoine Arnault, fils du milliardaire Bernard Arnault et directeur général de Christian Dior SE (holding de LVMH), a livré son point de vue lors de l'assemblée générale de l'entreprise. « Je trouve ça tout à fait normal de discuter avec les possibles futurs dirigeants de ce pays », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il s'agit « d'essayer d'orienter d'un point de vue économique vers des thèses et des théories qui conviennent mieux à l'économie de marché ».
Antoine Arnault faisait référence à un dîner organisé début avril entre Marine Le Pen et une quinzaine de grands patrons du CAC40, dont son père Bernard Arnault, l'homme le plus riche de France et PDG de LVMH. « Je n'y étais pas », a-t-il précisé, mais « c'est ce qui s'est dit d'ailleurs pendant ce dîner, si j'en crois ceux à qui j'en ai parlé ».
Exclure le RN ? « Évidemment non »
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a déjeuné lundi avec l'organisation patronale Medef. À l'issue de la rencontre, il a décrit « des échanges sans tabou, transparents, sur l'économie française », notamment sur « la fiscalité, les normes ». Patrick Martin, président du Medef, a justifié cette réception en déclarant : « Peut-on exclure le RN du spectre de nos contacts politiques ? Évidemment non, parce que c'est une formation qui pèse lourd au Parlement ».
En revanche, le directeur général de la Maif, Pascal Demurger, avait jugé il y a dix jours que le « rapprochement » de patrons avec le Rassemblement national était « une erreur tactique autant qu'une illusion politique », dans une tribune publiée dans le journal Le Monde. Ce point de vue contraste avec celui d'Antoine Arnault, qui estime que le dialogue avec toutes les forces politiques, y compris le RN, est nécessaire pour défendre les intérêts économiques.



