Albane D'Bunk, 28 ans, est devenue une figure incontournable de la lutte contre l'extrême droite sur les réseaux sociaux. Avec plus de 200 000 abonnés cumulés sur TikTok et Instagram, elle déconstruit les discours et les arguments de la droite radicale, vidéo après vidéo. Son arme ? La pédagogie et la rigueur factuelle.
Une reconversion dans le combat numérique
Ancienne étudiante en sciences politiques, Albane D'Bunk a travaillé dans la communication avant de se lancer dans la création de contenu politique. « J'en avais marre de voir des idées fausses et dangereuses se propager sans contradiction », explique-t-elle. Ses vidéos, qui durent entre une et trois minutes, analysent des extraits de discours, des programmes ou des déclarations de figures de l'extrême droite française, comme Marine Le Pen ou Éric Zemmour.
Son approche se distingue par un ton calme mais incisif, appuyé par des sources vérifiables. « Je ne cherche pas à insulter, mais à montrer les incohérences et les mensonges », précise-t-elle. Cette méthode lui a valu une audience fidèle, mais aussi des détracteurs. « Je reçois régulièrement des insultes et des menaces, mais cela ne me décourage pas. »
Un impact mesurable
Selon une étude interne de TikTok, les vidéos d'Albane D'Bunk ont été vues plus de 10 millions de fois en 2025. Ses contenus les plus populaires portent sur l'immigration, l'économie et la laïcité, des thèmes clés de l'extrême droite. « Mon objectif est de donner des clés de compréhension à ceux qui doutent ou qui sont tentés par ces discours », affirme-t-elle.
Son travail est salué par des associations de lutte contre la désinformation, comme Les Décodeurs du Monde. « Albane fait un travail de fond essentiel en rendant accessible la critique des arguments extrémistes », commente un porte-parole de l'association. Cependant, certains experts mettent en garde contre les limites de ce type de contenu. « Les influenceurs ne remplacent pas les médias traditionnels, mais ils peuvent jouer un rôle complémentaire important », estime Jean-Baptiste Vilmer, chercheur en sciences politiques.
Un phénomène en pleine expansion
Albane D'Bunk n'est pas un cas isolé. De plus en plus de créateurs de contenu s'engagent dans la lutte contre l'extrême droite en ligne. Aux États-Unis, des figures comme Hasan Piker ou Destiny ont ouvert la voie. En France, le phénomène prend de l'ampleur, porté par une génération qui consomme l'information principalement sur les réseaux sociaux.
Pour Albane, l'avenir passe par une professionnalisation de son activité. « Je réfléchis à créer une association pour former d'autres personnes à la vérification des faits et à la communication politique », confie-t-elle. En attendant, elle continue de publier plusieurs vidéos par semaine, avec la même détermination : « Tant que l'extrême droite progressera, je serai là pour la contrer. »



