Alain Bauer autopsie l'affaire Epstein : un système de systèmes
Le célèbre criminologue Alain Bauer, conseiller sécurité de plusieurs gouvernements français, a analysé méthodiquement les millions de documents de l'affaire Epstein. Son livre, qui paraît ce mois-ci, déconstruit les thèses complotistes tout en révélant l'ampleur d'un réseau criminel tentaculaire.
Un système industriel de prédation
Selon Bauer, Epstein n'a pas inventé la prédation sexuelle, mais il l'a portée à un stade industriel. « La sophistication des outils, des méthodes, des moyens, l'interaction entre ingénierie financière, chantage, trafics de tous genres, petits et grands services, est quasiment inédite dans son ampleur », explique-t-il. Le criminologue compare Epstein à Charles Ponzi, dont le nom est devenu un nom commun.
Des connexions françaises et internationales
L'enquête révèle des adresses à Paris, des propriétés convoitées comme les châteaux de Villette, Guermantes ou le manoir de Freytet, ainsi que des projets d'acquisition sur la Côte d'Azur. Une vingtaine de nouvelles victimes présumées se sont fait connaître en France. Bauer évoque également les liens d'Epstein avec les services de renseignement, le trafic d'armes et les délits d'initiés.
Le doute sur la mort d'Epstein
Le criminologue exprime des doutes sur la thèse du suicide : « Les circonstances ne plaident pas en faveur de cette théorie. Il y a un doute majeur. » Il précise toutefois ne s'appuyer que sur des faits vérifiés.
Une conspiration au sens pénal
Pour Bauer, les théories du complot trouvent parfois leur origine dans des pièces éparses du dossier. Il parle d'une « conspiration au sens pénal américain du terme : une association de malfaiteurs organisée autour d'un père maquereau, demi-mondain, intercesseur et facilitateur multiservices. »
Des complices toujours impunis
Six ans après la mort d'Epstein, aucun de ses potentiels complices n'a été inculpé. Bauer déplore une justice trop lente et des acteurs politiques ayant tenté d'étouffer l'affaire. Il cite le milliardaire Les Wexner, à qui Epstein aurait volé près d'un milliard de dollars sans dépôt de plainte pénale.
Le livre conclut sur une note d'espoir : comme dans l'affaire Pelicot, une volonté d'aller plus loin se manifeste pour révéler le système Epstein. « On en approche. Lentement », écrit Bauer, citant Sherlock Holmes.



