Ingérence russe : enquête ouverte visant Glucksmann
Ingérence russe : enquête ouverte visant Glucksmann

Le parquet de Paris a annoncé, mercredi 6 août, l'ouverture d'une enquête préliminaire pour ingérence étrangère, à la suite de la plainte déposée par l'eurodéputé socialiste Raphaël Glucksmann. Cette décision fait suite aux révélations du Monde et de Disclose sur un vaste réseau de manipulation en ligne orchestré depuis la Russie.

Une plainte fondée sur des preuves solides

L'enquête, confiée à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), porte sur des faits d'ingérence étrangère et de corruption, notamment par des agents publics russes. Selon la plainte déposée en juillet, des individus auraient tenté de déstabiliser la vie politique française en diffusant de fausses informations et en amplifiant des contenus hostiles à certaines personnalités.

Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique aux élections européennes de 2024, a déclaré : « Je ne laisserai pas la Russie salir la démocratie française. Cette enquête est une étape cruciale pour faire toute la lumière sur ces ingérences. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un réseau de 193 comptes identifiés

Les investigations préliminaires ont déjà permis d'identifier 193 comptes sur les réseaux sociaux, principalement X (ex-Twitter), qui auraient été utilisés pour relayer des contenus pro-russes et anti-ukrainiens. Ces comptes, coordonnés, visaient à influencer l'opinion publique française en faveur de Moscou, notamment en critiquant la politique de soutien à l'Ukraine.

Selon une source proche du dossier, « les opérateurs de ce réseau utilisaient des techniques avancées de désinformation, avec des relais automatiques et des campagnes ciblées contre des personnalités politiques, dont Raphaël Glucksmann, mais aussi d'autres soutiens de l'Ukraine ».

Des précédents inquiétants

Cette affaire rappelle d'autres tentatives d'ingérence russe en Europe, comme en Allemagne ou aux Pays-Bas. En France, une enquête avait déjà été ouverte en 2017 sur des soupçons d'ingérence dans la campagne présidentielle, sans suite. Mais cette fois, les preuves sont plus tangibles, avec des captures d'écran et des données techniques fournies par les plateformes.

Le parquet de Paris a précisé que l'enquête vise à déterminer l'origine exacte de ces opérations et à identifier les éventuels complices sur le territoire français. Les infractions poursuivies, si elles sont confirmées, pourraient être passibles de peines allant jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 750 000 euros d'amende.

Une réaction politique unanime

La classe politique française a salué l'ouverture de cette enquête. Le premier ministre, Gabriel Attal, a tweeté : « La République ne se laissera pas déstabiliser. Toute la lumière sera faite sur ces tentatives d'ingérence. » De son côté, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a appelé à « une vigilance accrue sur les ingérences étrangères, quelle qu'en soit la source ».

Raphaël Glucksmann, dans un entretien à France Inter, a insisté sur la nécessité de renforcer les moyens de lutte contre la désinformation : « Nous devons investir massivement dans la cybersécurité et la détection des manipulations. Les démocraties sont en première ligne, et nous devons nous protéger. »

La suite de la procédure

L'enquête préliminaire, menée sous la supervision du parquet de Paris, va se poursuivre avec des auditions et des perquisitions. Les enquêteurs de la DGSI vont notamment analyser les données récupérées auprès des plateformes et interroger les personnes ayant signalé ces comptes.

Cette affaire intervient alors que les ingérences russes sont de plus en plus documentées en Europe. Un rapport du Parlement européen, publié en 2023, avait déjà alerté sur les campagnes de désinformation russes visant à affaiblir l'Union européenne. La France, comme d'autres pays, a mis en place une structure dédiée, VIGINUM, pour lutter contre ces menaces.

En attendant, Raphaël Glucksmann a annoncé qu'il se constituerait partie civile si l'affaire était renvoyée devant un juge d'instruction. « Nous irons jusqu'au bout », a-t-il affirmé. Les prochaines semaines seront décisives pour établir les responsabilités et, peut-être, identifier les commanditaires de ce réseau.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale