Deux frères soupçonnés d'un projet terroriste « mortifère et antisémite » présentés à un juge
Ce dimanche 15 mars 2026, deux frères âgés de 20 ans et 22 ans ont été présentés à un juge antiterroriste dans le cadre d'une enquête pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Ils avaient été interpellés mardi 10 mars devant la prison de Longuenesse, située dans le Pas-de-Calais. Ces deux individus, de nationalité italienne et marocaine, sont soupçonnés d'avoir nourri un projet « mortifère et antisémite » sur le sol français.
Une interpellation liée à des livraisons par drone
L'affaire a débuté mardi 10 mars à l'aube, lorsque les policiers de Saint-Omer ont été alertés pour des survols de drone au-dessus de la prison de Longuenesse. Sur place, ils ont interpellé les deux frères, Elyasse et Moad H., et ont découvert dans leur véhicule une arme semi-automatique chargée de munitions de 9 mm, une bouteille d'acide chlorhydrique, de l'aluminium – des produits pouvant servir à la confection d'engins explosifs – ainsi qu'un drapeau de l'organisation djihadiste État islamique.
Au cours de leurs auditions en garde à vue, les deux frères ont reconnu avoir véhiculé un individu mineur pour assurer une livraison par drone au centre pénitentiaire de Longuenesse moyennant rémunération. Cinq personnes, dont ce mineur et quatre détenus de Longuenesse, ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur ces livraisons par drone.
Un projet d'attentat en préparation sur le territoire français
En garde à vue, Elyasse et Moad H. ont reconnu nourrir depuis quelques semaines, face à l'impossibilité de partir mener le djihad en Syrie ou en Palestine, un projet terroriste en France pour lequel ils aspiraient au martyr. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a précisé que leur engagement jihadiste et les démarches entreprises dans ce projet terroriste, dont le caractère mortifère et antisémite apparaît établi, ont connu une nette intensification quelques jours avant leur interpellation.
Une information judiciaire a été ouverte dimanche pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, ainsi que pour acquisition et port d'arme. Le parquet a demandé la mise en examen des deux frères et leur placement en détention provisoire.
Le profil et la radicalisation des deux frères
Elyasse et Moad H. sont arrivés en France avec leurs parents en 2017 après plusieurs années passées en Italie. L'aîné, âgé de 22 ans, est étudiant en école d'ingénieur tandis que le cadet, âgé de 20 ans, est sans emploi. Le Pnat a découvert que ces deux frères avaient consulté depuis plusieurs mois une abondante propagande jihadiste.
L'exploitation des supports numériques saisis ainsi que les déclarations de leur entourage familial traduisent une radicalisation des deux frères depuis deux ans. Une vidéo d'allégeance à l'État islamique réalisée par Moad H. le 7 mars a aussi été découverte, et il apparaît en contact avec plusieurs personnes radicalisées ou mises en examen ou condamnées pour une infraction terroriste.
Sur d'autres photos et vidéos, ils se mettent en scène en utilisant des armes à feu ou en exhibant un couteau, en tenue de combattant, l'index levé vers le ciel devant le drapeau de l'État islamique. Le Pnat a détaillé que des échanges avec différents interlocuteurs sur des messageries cryptées dans les jours et semaines précédant leurs interpellations, visant notamment à la recherche d'armes de poing ou de fusils d'assauts, laissaient présager de l'imminence d'un passage à l'acte violent.
Des perquisitions révélatrices
Les enquêteurs ont procédé à une perquisition au domicile des deux frères, où ils ont retrouvé plus de 7 000 euros en espèces. Avant d'être placée en garde à vue, leur mère a tenté de cacher une arme 8 mm et un ensemble de munitions (30 munitions de calibre 9 mm et 50 cartouches). Cette mesure a été levée samedi, même si l'enquête se poursuit pour soustraction de l'objet d'un crime.
Cette affaire souligne l'importance de la vigilance antiterroriste et des enquêtes approfondies pour prévenir des actes de violence potentiellement dévastateurs sur le territoire national.



