Projet d'attentat contre Bank of America à Paris : quatre suspects écroués, lien pro-iranien évoqué
Attentat déjoué contre Bank of America : quatre suspects écroués

Projet d'attentat contre Bank of America à Paris : quatre suspects placés en détention provisoire

Un jeune majeur et trois adolescents ont été écroués mercredi soir à Paris dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attentat visant le siège parisien de Bank of America. Cette tentative, déjouée ce week-end, pourrait être liée à un groupuscule pro-iranien selon les informations du Parquet national antiterroriste.

Un lien possible avec un groupuscule pro-iranien

Le Parquet national antiterroriste a indiqué dans un communiqué que cette tentative « paraît pouvoir être rattachée » au groupuscule « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya » (Hayi), tout en précisant que cet élément n'a pas pu être formellement établi à ce stade de l'enquête. Ce groupuscule a revendiqué ces derniers jours plusieurs attaques contre la communauté juive en Belgique, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a également évoqué sur franceinfo un lien possible entre cette tentative et l'Iran, soulignant que ce pays serait « en capacité de déclencher ce type d'action » avec l'aide d'intermédiaires recrutés en Europe.

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Le déroulement des faits

Le jeune majeur d'une vingtaine d'années est accusé d'avoir recruté dans la nuit du 26 au 27 mars trois adolescents pour déposer un engin explosif artisanal devant Bank of America. Selon le Pnat, il leur aurait également demandé de filmer l'opération pour une rémunération comprise entre 500 et 1 000 euros.

Les trois adolescents, âgés de 16 et 17 ans, ont d'abord tenté de déposer l'engin dans la nuit du 26 au 27 mars mais ont été empêchés par un véhicule sérigraphié stationné devant l'établissement. Deux d'entre eux ont réitéré leur tentative dans la nuit suivante, avant d'être interrompus par des policiers.

L'engin explosif aurait pu générer une forte boule de feu de plusieurs mètres de diamètre et propager un incendie selon les estimations du Parquet antiterroriste.

Les interpellations et les réactions des avocats

L'un des mineurs de 17 ans a été interpellé devant la banque alors qu'il venait de déposer le dispositif et s'apprêtait à l'allumer. Ses avocats, Raphaël Kempf et Romain Ruiz, ont critiqué la communication du Pnat qui aurait envoyé à la presse « une synthèse détaillée du dossier, avant même que la juge d'instruction et que les avocats n'en aient eu connaissance ».

Le deuxième adolescent, chargé de filmer l'allumage selon une source proche du dossier, avait pris la fuite mais a été interpellé le lendemain. Ses avocats Léa Dordilly et Baptiste Bellet ont déclaré qu'« il n'existe aucun élément en faveur d'une intention terroriste s'agissant de notre client », soulignant son casier vierge et ses très bons résultats scolaires. Ils se sont indignés de son incarcération provisoire alors que des médecins attestent de son incompatibilité avec une détention, l'adolescent souffrant d'une maladie orpheline.

Le troisième adolescent, accusé d'avoir participé à la première tentative avortée, a également été écroué. Son avocat n'a pas souhaité s'exprimer.

Les relations entre les suspects

Selon une source proche du dossier, les trois mineurs se connaissent et viennent de Montreuil en Seine-Saint-Denis. Le majeur, qui traînait dans le quartier, leur aurait déjà donné des missions rémunérées par le passé. Une autre source précise que les adolescents ont déclaré avoir subi des pressions de la part du majeur.

Le majeur s'est pour sa part défendu de toute intention terroriste, arguant avoir été contacté pour assouvir la « vengeance personnelle » d'un autre individu. Il a indiqué que l'engin explosif lui aurait été remis à son domicile par une personne qu'il ne connaissait pas.

Les qualifications pénales et le contexte

Les suspects sont poursuivis pour :

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  • Association de malfaiteurs terroriste criminelle
  • Fabrication, détention et transport d'un engin explosif
  • Tentatives de destructions en relation avec une entreprise terroriste

Le Pnat a expliqué que la police avait été informée le 23 mars « de la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo de propagande émanant du groupe pro-iranien HAYI ciblant spécifiquement le siège français de Bank of America ».

Cette affaire intervient dans un contexte où les services de renseignement français observent une résurgence en Europe d'un terrorisme d'État iranien depuis 2015, selon une note de la Direction générale de la sécurité intérieure de mai 2024. En 2024, une autre information judiciaire baptisée Marco Polo par la presse avait déjà illustré le recours à des intermédiaires par les services iraniens.