Le Venezuela, autrefois l'une des plus grandes puissances pétrolières du monde, traverse une crise économique sans précédent. Selon un récent rapport, la production pétrolière du pays a chuté de plus de 70 % depuis 2016, passant de 2,4 millions de barils par jour à moins de 700 000 barils. Dans ce contexte, une analyse publiée par Le Monde le 10 août 2026 avance que la seule chance pour le pays de se relever réside dans un rebond de l'activité pétrolière, mais sous le contrôle néocolonial des États-Unis.
Une dépendance historique
Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils. Cependant, la mauvaise gestion, la corruption et les sanctions internationales ont paralysé l'industrie. Les États-Unis, qui étaient autrefois le principal acheteur de pétrole vénézuélien, ont imposé des sanctions sévères en 2019, visant à évincer le gouvernement de Nicolás Maduro. Ces sanctions ont aggravé la crise, mais récemment, des discussions ont émergé sur une possible levée partielle en échange d'un contrôle accru des compagnies américaines sur les installations pétrolières.
Un contrôle néocolonial assumé
L'article du Monde souligne que ce nouveau modèle de coopération ressemble à un retour au néocolonialisme. Les compagnies américaines, telles que Chevron et ExxonMobil, seraient autorisées à exploiter les gisements, mais avec des conditions avantageuses pour elles : une part importante des bénéfices, une main-d'œuvre locale sous-payée, et une influence politique accrue. Selon un expert cité dans l'article, « c'est une forme de colonialisme moderne, où le Venezuela échange sa souveraineté contre des dollars ». Cette situation divise la classe politique vénézuélienne : certains y voient une opportunité de relancer l'économie, d'autres une trahison des idéaux révolutionnaires.
Les conséquences économiques et sociales
Si le contrôle américain permettait d'augmenter la production, cela pourrait apporter des revenus indispensables pour financer les programmes sociaux, qui ont été décimés par la crise. Actuellement, plus de 90 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et l'hyperinflation a détruit le pouvoir d'achat. Un rebond de l'activité pétrolière pourrait créer des emplois et attirer des investissements étrangers. Cependant, les critiques soulignent que ces bénéfices ne profiteraient qu'à une élite pro-américaine, tandis que la majorité des Vénézuéliens resterait dans la misère.
Les réactions internationales
La communauté internationale est divisée. Les États-Unis présentent cette initiative comme un moyen de restaurer la démocratie et la prospérité au Venezuela. La Russie et la Chine, qui ont soutenu le gouvernement Maduro, dénoncent une ingérence impérialiste. L'Union européenne, quant à elle, appelle à une solution négociée qui respecte la souveraineté du pays. Selon un diplomate européen, « nous ne pouvons pas accepter qu'un pays soit mis sous tutelle économique pour son propre bien ».
Un avenir incertain
Le gouvernement vénézuélien n'a pas encore officiellement répondu à ces propositions, mais des rumeurs circulent sur des négociations secrètes à Mexico. Si un accord était conclu, cela marquerait un tournant historique pour le Venezuela, mais à quel prix ? La question reste ouverte : le pays pourra-t-il vraiment se relever en abandonnant son indépendance énergétique ?



