Sanctions UE : la France veut épargner l'oligarque Ousmanov
Sanctions UE : la France veut épargner Ousmanov

L'Union européenne a décidé lundi de reporter le renouvellement des sanctions contre la Russie, en raison d'une demande de la France d'en dispenser l'oligarque Alicher Ousmanov, ont indiqué des sources diplomatiques. Le milliardaire russo-ouzbek, proche du Kremlin, est bien connu sur la Côte d'Azur. Quelque 3 000 individus et entités, accusés de favoriser l'effort de guerre contre l'Ukraine, sont concernés par ces sanctions, dont le régime doit être renouvelé tous les six mois. La prochaine échéance était fixée à mercredi.

Une demande française fondée sur la sécurité nationale

Les 27 États membres, après une série de réunions infructueuses, ont décidé lundi de se donner une semaine supplémentaire avant de prendre une décision, selon ces sources. La France réclame que ce milliardaire soit retiré de la liste des sanctions, invoquant des « raisons de sécurité nationale » devant ses partenaires, sans plus d'explication, selon plusieurs diplomates européens à Bruxelles.

« Nous avons une question spécifique de sécurité nationale et souhaitons répondre positivement à nos partenaires internationaux qui nous démarchent au sujet de M. Ousmanov », a-t-on expliqué de source diplomatique à Paris. La France se défend toutefois de vouloir empêcher un accord, soulignant qu'elle était « un des pays les plus engagés pour renforcer la pression, par tous les moyens, sur l'appareil de guerre russe ainsi que pour soutenir l'Ukraine ».

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Des consultations en cours et une position ukrainienne ferme

« Les consultations vont se poursuivre et de nouvelles discussions devraient avoir lieu », a déclaré un porte-parole de l'Irlande, pays qui assure actuellement la présidence semestrielle du Conseil des ministres de l'UE. Ce renouvellement des sanctions est « essentiel pour continuer à saper la machine de guerre russe », a-t-il ajouté.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté assuré lundi soir que « ce n'est certainement pas le moment de lever les sanctions », « de sauver les oligarques russes des sanctions » et de « faire des cadeaux à la Russie ». Il a ajouté dans son allocution quotidienne diffusée sur les réseaux sociaux : « De nouvelles sanctions sont nécessaires (...) des sanctions plus fortes. Des sanctions auxquelles la Russie ne peut pas s'adapter ».

Un possible lien avec des négociations sur des prisonniers

Selon le Financial Times, Paris fait pression dans le cadre d'un accord de libération de prisonniers impliquant plusieurs citoyens français détenus en Azerbaïdjan. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, interrogé par l'AFP, a indiqué que des discussions étaient « actuellement en cours au niveau technique à Bruxelles » et qu'il s'attendait à ce qu'elles aboutissent bientôt.

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