Les deux réalisateurs français et leur collaborateur local, arrêtés au Togo fin juillet et poursuivis pour « fausses déclarations », sont désormais en liberté provisoire, ont confirmé ce mercredi 2 septembre leur avocat. Une décision qualifiée de « soulagement » par l'ONG Reporters sans Frontières (RSF).
Une libération confirmée par l'avocat et RSF
Mardi 1er septembre au soir, plusieurs médias togolais ont indiqué que la liberté provisoire avait été accordée à Gaël Mocaër et Fred Vedomey, une information confirmée à l'AFP mercredi matin par leur avocat Martial Akakpo. Dans un communiqué transmis mercredi à l'AFP, Reporters sans frontières (RSF) a également confirmé leur libération.
« Nous exprimons notre soulagement et espérons le retour prochain de Gaël et Sebastian en France auprès de leurs proches après plus d'un mois de privation de liberté », a réagi Thibaut Bruttin, directeur général de RSF.
Les faits reprochés aux trois hommes
Les Français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, avaient été arrêtés le 27 juillet dans le nord du Togo où ils tournaient un épisode de l'émission « Les routes de l'impossible », une série documentaire diffusée sur France Télévisions. Les trois hommes avaient été placés en détention à Lomé.
Fin août, la justice togolaise avait toutefois remis en liberté sous contrôle judiciaire Sebastian Perez Pezzani, qui est malade, pour notamment suivre des soins à Lomé. Son passeport lui avait été confisqué.
Les trois hommes sont inculpés pour « fausses déclarations », des faits qu'ils ne reconnaissent pas, selon leur avocat Martial Akakpo. Fin août, Lomé avait indiqué que la justice disposait « d'indices graves » à leur encontre.
Des accusations liées à l'usage d'un drone
Les autorités togolaises avaient évoqué « plusieurs irrégularités dans la préparation et l'exécution » de leur mission et reprochent notamment aux réalisateurs de ne pas avoir eu les autorisations adéquates, ce que réfute leur société de production, qui assure que les trois hommes étaient en règle.
La justice togolaise accuse aussi les trois hommes d'avoir utilisé un drone, en particulier dans le nord du pays, région où la situation sécuritaire est tendue. Depuis fin 2021, l'extrême nord du Togo est en proie à des incursions de jihadistes présents de l'autre côté de la frontière, au Burkina Faso miné par les attaques de groupes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique.
Aucun détail n'a filtré pour le moment sur les conditions et éventuelles restrictions liées à leur régime de liberté provisoire.
Un contexte médiatique tendu
La diffusion des médias français Radio France internationale et France 24 est suspendue au Togo depuis juin 2025. Ils sont accusés d'avoir relayé des « propos inexacts et tendancieux » après des manifestations critiques envers le pouvoir, qui avaient secoué le pays le même mois.



