Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu ce jeudi pour la première fois dans l'archipel des Kouriles, disputé avec le Japon, ont indiqué les agences d'État russes. Il a inspecté le navire amiral de la flotte russe du Pacifique, a rapporté l'agence de presse TASS. Cette visite risque d'aggraver les relations avec le Japon, qui revendique également cet archipel.
Une visite symbolique dans un territoire contesté
Après une visite à Ioujno-Sakhalinsk, sur l'île de Sakhaline, Poutine s'est rendu à Iturup, l'une des îles de l'archipel, où il a notamment visité une usine de transformation du poisson. C'est la première fois qu'un dirigeant russe se rend dans cet archipel, qui est au cœur d'un différend territorial de longue date entre la Russie et le Japon. Les îles Kouriles, situées au nord du Japon, sont revendiquées par Tokyo, qui les appelle les Territoires du Nord. La visite de Poutine est perçue comme une provocation par le Japon, qui n'a jamais reconnu la souveraineté russe sur ces îles.
L'Ukraine restreint les informations sur les frappes russes
Par ailleurs, l'armée de l'air ukrainienne a annoncé mercredi qu'elle allait cesser de rendre publics des chiffres détaillés sur les frappes de missiles balistiques russes, à un moment où la Russie intensifie ses attaques avec des armes que l'Ukraine a de plus en plus de mal à intercepter. Le commandement militaire a décidé d'introduire « certaines modifications » – comprendre des restrictions – dans les rapports matinaux sur ces tirs russes, a déclaré sur Facebook le chef de la communication de l'armée de l'air, Iouriï Ignat. Ces restrictions portent sur « le nombre des cibles lancées, abattues, neutralisées ou n'ayant pas atteint leurs objectifs ».
Les alertes en temps réel resteront par contre inchangées et l'armée de l'air continuera de fournir des chiffres généraux sur les tirs de missiles russes. Cette décision intervient alors que la Russie intensifie ses attaques avec des armes que l'Ukraine a de plus en plus de mal à intercepter, notamment des missiles balistiques. L'Ukraine a demandé aux États-Unis de lui vendre au moins 5 % des missiles intercepteurs Patriot qu'ils possèdent pour contrer ces attaques, comme l'a déclaré Volodymyr Zelensky dans une interview à CNN publiée ce jeudi.
Contexte économique et militaire
Plus de quatre ans après le début de son offensive d'ampleur contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, une inflation élevée, des coûts d'emprunt prohibitifs et des pénuries de main-d'œuvre. Pour autant, elle reste l'un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16 % du PIB) et dispose d'un fonds souverain de plus de 150 milliards d'euros. Ses revenus tirés des ventes d'hydrocarbures connaissent une hausse considérable depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, qui a bouleversé les marchés énergétiques. L'économie russe a ainsi connu au deuxième trimestre 2026 une croissance de 1,3 % sur un an, un rebond après une contraction de 0,2 % au trimestre précédent.
Grâce à un nouveau prêt de l'Union européenne, l'aide militaire à l'Ukraine a atteint en juin son plus haut niveau depuis l'arrêt du financement américain, mais la tendance à long terme continue de marquer le pas. La visite de Poutine aux Kouriles et les restrictions ukrainiennes sur les données de frappes montrent que le conflit reste très actif, avec des implications géopolitiques et militaires importantes.



