Frontignan : le pari fou du port de plaisance devenu réalité
Frontignan : le pari fou du port de plaisance

Le port de plaisance de Frontignan, inauguré il y a plus de quarante ans, est aujourd'hui un poumon économique et touristique majeur, avec 750 places à quai et une capacité d'accueil pour des bateaux jusqu'à 18 mètres. Ce succès contraste avec le scepticisme initial des années 1960, alors que la ville était tournée vers l'industrie pétrolière. À l'occasion de la Fête du port, le 14 août, retour sur une réussite qui a transformé la commune.

Un pari audacieux lancé dans les années 1960

Tout commence en 1965, lorsque le conseil municipal décide d'ouvrir un grau et de construire deux digues en vue d'un futur port. À l'époque, peu de gens croyaient au projet, comme le rappelait le maire de l'époque, Philippe Chappotin, dans le magazine de la ville d'avril 1987 : « Peu de gens y croyaient, peut-être à cause de la présence de la raffinerie de pétrole à côté et de l'activité d'une cité orientée largement sur l'industrie. »

Le 8 juillet 1971, le conseil municipal valide les travaux de base : allongement de la digue Est d'environ 25 mètres, raccourcissement de la digue Ouest pour créer une passe, et dragage du port, pour un coût de près de 99 000 francs. Cependant, il faudra attendre huit ans pour que les travaux démarrent réellement, et les derniers aménagements ne seront achevés qu'en 1982.

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Une mutation industrielle vers le tourisme

La concession portuaire, d'abord gérée par la municipalité, est confiée en 1982 au Syndicat mixte de réalisation et de gestion des ports de La Grande-Motte et de Carnon (Symoca), qui devient Symocaf avec l'adhésion de Frontignan. Le port revient en gestion municipale en 1997. Sa naissance accompagne la mutation profonde de la commune, qui passe de l'ère industrielle – marquée par la fermeture de la raffinerie et de l'usine de soufre à la fin des années 1980 – à celle du tourisme et du développement durable.

À sa création, le port offre 600 places à quai, une aire de carénage, des engins de levage capables de soulever jusqu'à 16 tonnes, l'eau et l'électricité à chaque poste, un poste d'avitaillement et une zone technique. Le succès est immédiat : dès 2001, le taux de remplissage passe de 37 à 100 %. Le port devient le point d'ancrage d'un nouveau quartier, avec résidences, immeubles, un parking de plus de 140 places et un accès piéton à la plage.

Modernisation et priorités environnementales

Face à la demande, une restructuration est engagée pour passer à 750 anneaux et accueillir des bateaux jusqu'à 18 mètres, sans agrandir le port. Les travaux, menés de 2020 à 2022 pour 4,5 millions d'euros, comprennent une centaine d'anneaux supplémentaires, un avant-port pour les escales et régates, de nouveaux pontons et une promenade accessible à tous.

Aujourd'hui, le port compte 750 places, dont 50 en escale dans le canal d'entrée, réparties entre les bassins Est et Ouest, avec un tirant d'eau maximum de 2,5 mètres. Il dispose d'une aire de carénage de 5 000 m², de deux engins de levage pouvant soulever jusqu'à 35 tonnes, d'une station d'avitaillement, d'une cale de mise à l'eau, d'une station de pompage des eaux noires, grises et de cale, d'une aire de compostage, d'une déchetterie et d'une zone d'accueil pour une vingtaine de nurseries à poissons.

Le port poursuit sa mue en faisant de l'environnement sa priorité, avec des pistes à l'étude : panneaux solaires, eau dessalée et bornes électriques.

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