Une marée noire a atteint les côtes d'Oman ce mercredi, touchant « certaines plages de la région de Ras Madrakah », selon l'autorité environnementale citée par l'agence de presse officielle omanaise ONA. La nappe pourrait polluer jusqu'à 40 kilomètres de côtes dans la zone, et 10 à 20 kilomètres des plages sud de l'île de Masirah, a précisé la même source, appelant les pêcheurs et le public à la vigilance.
Un pétrolier échoué depuis juin
Ces fuites émanent du Caroline Bezengi, un pétrolier échoué fin juin près de l'archipel d'al-Hallaniyat, un trésor de biodiversité en mer d'Arabie et une réserve marine protégée. Le navire est soupçonné de faire partie de la « flotte fantôme » russe. Si les autorités omanaises n'ont pas encore formellement identifié les causes de la fuite, la société de sécurité maritime Vanguard a indiqué à l'AFP que le pétrolier avait subi trois explosions d'origine inconnue le 6 juin, provoquant des voies d'eau et l'immobilisant.
La flotte fantôme russe en cause
Des experts mettent régulièrement en garde contre le risque de marée noire que pose la « flotte fantôme » russe, composée de bateaux souvent vétustes, que Moscou utilise pour contourner les sanctions occidentales imposées depuis la guerre en Ukraine et exporter son pétrole.
Lundi, Oman a déclaré œuvrer à contenir la nappe de pétrole, qui s'étendait alors, selon les autorités, sur environ 390 kilomètres carrés. Les conditions météorologiques « difficiles », selon un responsable du ministère des Transports cité par l'ONA, ont compliqué les opérations de containment. « La mousson avait entravé l'accès au navire et retardé les opérations », a précisé l'Organisation mondiale maritime (OMI), qui a indiqué « surveiller de près » la situation.
Des alertes et un incident distinct en Iran
Dès la semaine dernière, Greenpeace et l'ONG néerlandaise PAX avaient mis en garde contre une catastrophe environnementale régionale imminente et appelé à une intervention urgente.
Dans un incident distinct, une fuite de pétrole a atteint les îles iraniennes voisines de Qeshm et Hengam, dans le détroit d'Ormuz, polluant des plages et une mangrove, ont rapporté des médias iraniens. Selon le site de suivi maritime TankerTrackers, « la marée noire semble provenir de l'attaque iranienne contre le vraquier Minoan Pioneer », perpétrée dans les eaux omanaises le 3 août. « La marée noire a ensuite dérivé à travers le détroit jusqu'en Iran », a précisé TankerTrackers.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, n'a pas commenté l'origine de l'attaque. En revanche, il a déclaré jeudi dans un communiqué relayé par la télévision d'État iranienne que « les premières preuves indiquent qu'un vraquier étranger est à l'origine de la pollution. Celle-ci a été observée et documentée en trois points du littoral, ainsi que sur certaines zones de la surface de la mer ».



