Mladic arrêté : la Serbie tourne la page et vise l'Europe
Mladic arrêté : la Serbie tourne la page vers l'Europe

L'arrestation de Ratko Mladic, ancien commandant en chef de l'armée de la République serbe de Bosnie, après seize années de cavale, constitue une victoire symbolique du droit international et ouvre la voie à une intégration plus rapide de la Serbie à l'Union européenne. Cette interpellation, saluée par de nombreux gouvernements européens, lève un obstacle majeur sur la route de Belgrade, dont l'adhésion est conditionnée à une coopération pleine et entière avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

Un chapitre très malheureux de l'Histoire se clôt

Le transfèrement de Mladic, responsable du massacre de Srebrenica qui fit 8 000 victimes en 1995 et du siège de Sarajevo de 1992 à 1995, a été accueilli par un concert d'applaudissements de la part de la communauté internationale. À l'exception de la Russie, allié inconditionnel des ex-dirigeants serbes, les gouvernements européens se félicitent de la clôture de ce « chapitre très malheureux de l'Histoire » et du nouveau départ ainsi offert à la Serbie. Le procès à venir de Mladic devrait achever de lever les réticences de l'Union européenne, qui exigeait cette coopération avec le TPIY comme préalable à toute intégration.

Le rôle clef des Pays-Bas dans la justice internationale

Le TPIY, institué en 1993 par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, n'a cessé de réclamer l'extradition de Mladic ainsi que celle d'un autre criminel de guerre, Goran Hadzic, ex-président de l'éphémère république serbe de Krajina, toujours recherché. Les Pays-Bas, où siègent à la fois le TPIY, la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ), ont joué un rôle décisif dans cette évolution. L'intransigeance de la nation néerlandaise, dont le contingent de Casques bleus était chargé de la protection de Srebrenica, a porté ses fruits, donnant raison à La Haye contre ceux qui voulaient céder mollement à Belgrade.

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La Serbie affronte son passé et se tourne vers l'avenir

Au-delà de la pression internationale, la Serbie a démontré sa volonté de combattre ses propres démons. Après la disparition de Slobodan Milosevic en 2006, l'arrestation de Radovan Karadzic en 2008 et la reconnaissance du massacre de Srebrenica par le parlement serbe en mars 2010, le pays poursuit l'assainissement de son passé. L'Union européenne ne peut se contenter de déclarations de satisfaction : il lui appartient de favoriser l'accession de la Serbie à l'Union, sitôt que celle-ci aura satisfait aux exigences dans les domaines judiciaires et de l'administration publique. Alors que la Croatie est sur le point d'achever ses négociations d'adhésion, l'élargissement se présente comme un des plus justifiés, appelant à une nouvelle bataille d'opinions et un nouvel élan de conviction.

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