L'ancien Premier ministre australien Kevin Rudd a déclaré que l'Occident n'a aucun espoir de faire plier Pékin, dans un entretien accordé au magazine The New Yorker et relayé par Le Point. Selon lui, les tentatives de forcer la Chine à modifier son comportement sont vouées à l'échec. Il recommande plutôt une approche pragmatique de réduction des risques.
Un constat sans appel
Kevin Rudd, qui a dirigé l'Australie de 2007 à 2010 puis de 2013 à 2013, estime que les puissances occidentales doivent abandonner l'idée de contraindre la Chine à respecter les normes internationales. « Il n'y a aucun espoir de faire plier Pékin », a-t-il affirmé, soulignant la détermination du régime chinois à défendre ses intérêts.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine et l'Occident, notamment sur les questions commerciales, technologiques et militaires. Les États-Unis et leurs alliés ont multiplié les sanctions et les restrictions, mais sans résultat tangible sur la politique chinoise.
La stratégie de réduction des risques
Pour Kevin Rudd, la seule voie viable est de réduire les risques dans la relation avec la Chine. Cela implique de diversifier les chaînes d'approvisionnement, de protéger les technologies sensibles et de maintenir un dialogue diplomatique ouvert. Il préconise une approche « pragmatique et réaliste » plutôt qu'une confrontation idéologique.
« Nous devons accepter que la Chine ne changera pas de système politique, mais nous pouvons gérer les risques liés à cette coexistence », a-t-il expliqué. Cette position rejoint celle de nombreux experts qui appellent à une « découplage contrôlé » ou à une « dé-risquation » plutôt qu'à une rupture totale.
Un appel à l'unité occidentale
L'ancien dirigeant australien insiste également sur la nécessité pour les pays occidentaux de coordonner leurs actions. « Si nous agissons de manière dispersée, la Chine jouera sur nos divisions », a-t-il averti. Il appelle à une stratégie commune, fondée sur des valeurs partagées mais aussi sur une évaluation lucide des intérêts de chacun.
Cette déclaration intervient alors que les relations entre la Chine et l'Occident sont au plus bas depuis des décennies. Les tensions autour de Taïwan, de la mer de Chine méridionale et des droits de l'homme alimentent un climat de méfiance réciproque.
Une voix qui compte
Kevin Rudd est une figure respectée dans les cercles diplomatiques. Il parle couramment le mandarin et a été président du groupe de réflexion Asia Society. Son analyse est d'autant plus écoutée qu'il connaît bien la Chine pour y avoir vécu et travaillé.
Son message s'adresse tant aux décideurs politiques qu'à l'opinion publique occidentale. Il espère ainsi contribuer à un débat plus nuancé sur la politique à adopter face à la montée en puissance de la Chine.



