Les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme, lundi 24 août, mettant ainsi un terme à 47 ans de sanctions économiques. Cette décision, saluée par le président syrien Ahmad al-Chareh, lève un obstacle majeur aux investissements privés alors que le pays cherche à se reconstruire après la chute de Bachar al-Assad.
Une décision historique saluée par Damas
Au lendemain de cette annonce, le président syrien Ahmad al-Chareh a estimé que la Syrie s'était libérée d'un "lourd fardeau", dans un discours prononcé tôt dans la matinée. "Aujourd'hui, la Syrie se débarrasse d'un lourd fardeau et tourne la page douloureuse de son passé pour s'engager sur la voie du développement et de la reconstruction", a-t-il déclaré. Il a également exprimé ses "vifs remerciements" au président américain Donald Trump et "à toutes les nations amies et solidaires qui nous ont soutenus".
Cette liste, sur laquelle la Syrie figurait depuis 47 ans, limitait les investissements dans le pays. Un peu moins de deux ans après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, les nouvelles autorités syriennes tentent d'attirer des fonds pour financer la reconstruction des infrastructures du pays, dévastées par une guerre civile qui a duré plus de dix ans.
HTS également retiré de la liste des groupes terroristes
Les États-Unis ont également sorti Hayat Tahrir al-Sham (HTS), anciennement Front al-Nosra, ancien groupe islamiste qu'a dirigé le président syrien, de leur liste des principaux groupements et individus "terroristes" (Specially Designated Global Terrorist). Un temps branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front al-Nosra avait annoncé rompre ses liens avec l'organisation en 2016 et s'était rebaptisé HTS.
L'administration américaine avait annoncé début juillet son intention de supprimer la Syrie de la liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, une mesure perçue comme une marque de confiance envers le président Ahmad al-Chareh.
Une "voie vers la prospérité" selon Washington
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a affirmé que cette décision offrait aux Syriens "une voie vers la prospérité". Cette mesure "élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale", a-t-il indiqué.
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani a de son côté qualifié la décision américaine d'"étape historique", affirmant qu'elle reflétait "l'engagement du nouvel État syrien en faveur de la paix et de la sécurité internationale". Le ministre syrien des Finances, Mohammed Barnieh, y voit un "succès majeur et historique de la diplomatie syrienne", dans un commentaire cité par l'agence de presse officielle Sana. Cette mesure ouvre également selon lui une "voie majeure et attendue de longue date pour renforcer l'intégration de la Syrie dans le système économique et financier mondial, attirer les investissements et les technologies modernes, et soutenir les perspectives de développement".



