Le pape Léon XIV, élu le 8 mai dernier, a présenté vendredi sa vision géopolitique devant le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège. Dans un discours d'une heure, il a insisté sur la nécessité d'une diplomatie de paix, de dialogue interreligieux et de défense des plus pauvres. Selon des sources vaticanes, cette orientation marque une rupture avec la ligne de son prédécesseur, François, plus axée sur la dénonciation des inégalités.
Une diplomatie de paix et de dialogue
Léon XIV a appelé à une résolution pacifique des conflits, citant notamment l'Ukraine, la Syrie et le Sahel. Il a proposé une médiation du Vatican dans ces régions, soulignant que « l'Église ne peut rester silencieuse face à la souffrance des peuples ». Il a également insisté sur le dialogue interreligieux, en particulier avec l'islam, pour prévenir les extrémismes.
Cette stratégie s'appuie sur une reprise des relations diplomatiques avec la Chine, annoncée en janvier dernier, et un rapprochement avec la Russie. Selon un diplomate européen présent, « Léon XIV veut faire du Saint-Siège un acteur incontournable de la médiation internationale ».
La défense des pauvres et de l'environnement
Le pape a également réaffirmé son engagement pour la justice sociale et la protection de l'environnement. Il a rappelé que « la terre est un don de Dieu confié à l'humanité » et appelé à une transition écologique juste. Il a annoncé la création d'une commission vaticane sur la dette des pays pauvres, qui sera chargée de proposer des mécanismes d'annulation.
Cette commission, composée de douze experts, se réunira pour la première fois en septembre. Selon le cardinal secrétaire d'État, Pietro Parolin, « cette initiative est une réponse concrète aux attentes des pays du Sud ».
Une stratégie contestée
Cette nouvelle orientation suscite des critiques au sein de la curie. Certains cardinaux estiment que le pape prend trop de risques en s'engageant sur des terrains minés comme la Chine ou la Russie. D'autres, en revanche, saluent une diplomatie plus pragmatique, à l'image de celle de Jean-Paul II.
Léon XIV a conclu son discours en appelant à une « Église en sortie », qui n'a pas peur de se confronter aux réalités du monde. Selon des observateurs, cette stratégie devrait se traduire par une visite en Chine et en Russie dès 2026, marquant un changement majeur dans la politique étrangère du Vatican.



