Washington et Téhéran seraient sur le point de conclure un accord pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, bien que la question nucléaire ne soit pas encore réglée. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré lundi que les États-Unis avaient une proposition « solide » sur la table concernant la réouverture du détroit d'Ormuz et l'ouverture de négociations sur le nucléaire iranien.
Un conflit meurtrier
Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne contre l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient, faisant des milliers de morts, notamment en Iran et au Liban, où le Hezbollah a rejoint les hostilités début mars. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les États-Unis, mais l'économie mondiale continue de souffrir du quasi-blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran depuis près de trois mois.
Trump tempère les espoirs
Le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, écrivant sur Truth Social : « J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur. » Il a prévenu que le blocus des ports iraniens resterait en vigueur jusqu'à ce qu'un accord soit conclu. Selon Axios, la présidence pense que l'approbation de l'accord par l'Iran pourrait prendre plusieurs jours.
Impact sur les marchés pétroliers
Portés par les espoirs d'accord, les cours du pétrole ont chuté lundi matin en Asie : le baril de Brent de la mer du Nord et le WTI américain ont perdu plus de 5 %. L'accord en préparation permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, par où transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant le conflit.
La question nucléaire en suspens
Selon CBS News, la dernière proposition prévoit le dégel de certains actifs iraniens dans des banques étrangères. L'agence Tasnim a indiqué que les États-Unis bloquent encore certaines clauses, notamment le déblocage des avoirs iraniens gelés. Fars rapporte que les sanctions sur le pétrole, le gaz et les produits pétrochimiques pourraient être levées pendant les négociations. Cependant, la question nucléaire n'est pas réglée. Rubio a déclaré au New York Times : « Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table. » Une fois le détroit d'Ormuz rouvert, des négociations sérieuses sur l'enrichissement de l'uranium et l'engagement à ne pas se doter d'armes nucléaires pourraient débuter dans un délai de 60 jours.
Israël et le Liban
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a dit dimanche avoir convenu avec Trump que tout accord final avec l'Iran devait « éliminer entièrement la menace nucléaire ». Il a également réaffirmé le droit d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban, où deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a espéré que l'accord entre Washington et Téhéran inclurait le Liban, mais a rejeté les négociations directes avec Israël et le désarmement de son organisation.



