Un premier vol de rapatriement transportant des Français évacués du Moyen-Orient a atterri ce mercredi 4 mars très tôt dans la matinée à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. L’appareil, affrété par Air France depuis Mascate (Oman), a atterri peu avant 3 h 00, ramenant familles et personnes vulnérables ayant fui les tensions croissantes dans la région.
Un dispositif exceptionnel mis en place
Ce vol, qualifié d'« hybride » par les autorités, a transporté à la fois des clients et du personnel d'Air France, mais aussi de nombreuses familles, des jeunes enfants, des femmes enceintes et même une colonie de vacances. Selon la ministre déléguée chargée de la Francophonie, Éléonore Caroit, la quasi-totalité des passagers se trouvait à Dubaï avant d'être évacuée. Une centaine de places avaient été réservées par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour les personnes les plus vulnérables.
« L’idée est de multiplier ce type de dispositif pour qu’un nombre le plus grand possible de Français puisse rentrer en sécurité », a déclaré la ministre aux journalistes présents dans le terminal.
Le périple d'une famille perpignanaise
Parmi les passagers, Xavier Figuls et sa famille, originaires de Perpignan, ont vécu un véritable calvaire. Arrivés aux Émirats arabes unis samedi matin avec leurs enfants de 4 et 9 ans, ils ont dû faire face aux bombardements quasi immédiats. « On était déconnectés, et on était dans une partie de la ville où l’on n’entendait pas les bombardements », raconte Marie, employée d’Air France. « On a appris par nos familles en France que ça commençait à sentir pas très très bon. »
Pour rejoindre Oman, ils ont dû effectuer 10 heures de bus depuis Dubaï, un voyage éprouvant qui a marqué la fin de leurs vacances écourtées.
Des témoignages poignants
Emmy Coutelier, 18 ans, était dans la piscine de son hôtel à Dubaï avec son copain Adam lorsque les premiers bombardements ont frappé. « Loin d’imaginer tout ce qui allait se passer », confie-t-elle. Après une alarme en pleine nuit leur ordonnant de ne pas rester près des fenêtres, ils se sont réfugiés au sous-sol. « Jamais on n’aurait cru que ça se serait passé », souffle la jeune femme, encore très émue lors de l'embrassade avec sa sœur venue l'accueillir à l'aéroport.
Un contexte régional très volatile
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a souligné la volatilité de la situation au Moyen-Orient, avec des espaces aériens qui peuvent s'ouvrir et se fermer à tout moment, et des corridors qui se mettent en place puis sont suspendus. Environ 400 000 ressortissants français se trouvent dans la quinzaine de pays concernés par le conflit. Selon la ministre, davantage de personnes se signalent auprès des autorités consulaires, mais tous ne souhaitent pas rentrer en France.
En quatre jours, la guerre au Moyen-Orient a provoqué l’annulation de 19 000 vols, selon le fournisseur de données Cirium. Les autorités françaises prévoient de multiplier les opérations de rapatriement pour permettre à un maximum de Français de revenir en sécurité.



