En Israël, les peurs et les maigres espoirs du camp de la paix
Israël : peurs et espoirs du camp de la paix

La guerre à Gaza, qui dure depuis huit mois, a profondément fracturé la société israélienne. Dans ce contexte, le camp de la paix, autrefois puissant, semble aujourd'hui réduit à une poignée de militants. Pourtant, certains refusent de baisser les bras et tentent de faire entendre une voix différente.

Un espoir ténu mais persistant

À Tel-Aviv, quelques centaines de personnes se rassemblent chaque samedi soir sur la place du Musée. Ils brandissent des pancartes appelant à un cessez-le-feu et à la reprise des négociations. « Nous devons relever la tête », martèle Yael, une enseignante de 45 ans. « Le gouvernement actuel nous entraîne dans une spirale de violence sans issue. »

Ces manifestations, bien que modestes en taille, témoignent d'une résistance civile. Les organisateurs, issus de mouvements comme La Paix Maintenant ou Les Femmes en Noir, misent sur la lassitude de la population et l'impact des pertes militaires. « Chaque soldat tué rappelle le coût humain de cette guerre », explique un porte-parole.

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La peur d'une société radicalisée

Mais le chemin est semé d'embûches. L'extrême droite israélienne, incarnée par des ministres comme Itamar Ben-Gvir, gagne du terrain. Les discours nationalistes et religieux dominent l'espace public. « Nous avons peur », confie David, un militant pacifiste. « Peur que notre pays devienne une théocratie, peur pour nos enfants, peur de perdre notre humanité. »

Cette peur est alimentée par la répression. Plusieurs militants ont été arrêtés lors de manifestations, accusés de soutien au terrorisme. Les médias israéliens, majoritairement alignés sur la ligne gouvernementale, donnent peu de voix aux opposants. « On nous traite de traîtres », déplore une jeune activiste.

Les maigres espoirs d'un réveil

Malgré tout, certains voient des signes d'espoir. La société civile palestinienne, bien que moins visible, continue de résister. Des rencontres secrètes entre Israéliens et Palestiniens ont lieu, par-delà les checkpoints. « Nous avons besoin de ces moments pour nous rappeler que l'autre existe », raconte un participant.

Par ailleurs, la communauté internationale, bien que critiquée, reste un recours. Les appels à un embargo sur les armes se multiplient. « Nous comptons sur la pression extérieure pour forcer un changement », espère un diplomate israélien en poste.

Le camp de la paix israélien est à un carrefour. Soit il parviendra à se reconstruire et à proposer une alternative crédible, soit il disparaîtra, emporté par la vague nationaliste. Pour l'instant, il tient, porté par la conviction que la paix est la seule issue.

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