Funérailles de Khamenei : l'Iran mobilise pour un événement historique
Iran : mobilisation massive pour les funérailles de Khamenei

L'Iran intensifie ses préparatifs pour les funérailles du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, décédé fin février dans une frappe israélo-américaine. Entre 15 et 20 millions de personnes sont attendues rien que dans la capitale, Téhéran, pour six jours de cérémonies à travers le pays.

Un dispositif logistique exceptionnel

Les cérémonies débuteront samedi 4 juillet à Téhéran, puis se poursuivront dans les villes saintes de Qom et Mashhad, ainsi qu'en Irak. Des responsables d'une trentaine de pays, dont la Chine et la Russie, sont attendus pour rendre hommage au chef religieux qui a régné pendant 37 ans.

Pour les dirigeants iraniens, l'événement revêt un caractère symbolique : montrer que la République islamique est toujours debout après une guerre perçue comme existentielle. "La forte mobilisation du public lors des funérailles du dirigeant martyr constituera un nouveau référendum pour la République islamique", a déclaré l'ayatollah Mohammad Saidi aux médias d'État.

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Moyens colossaux pour assurer la mobilisation

Les autorités ont réquisitionné bus et trains pour les transports, et préparé hébergements, nourriture, écoles, mosquées et gymnases pour accueillir les pèlerins, selon Reuters. Certains hôtels offrent des réductions de 50 %. Le ministère des Communications a annoncé que "la fibre optique sera installée dans une trentaine de points le long du parcours" et que "les opérateurs téléphoniques ont été invités à augmenter la capacité du réseau" pour permettre le partage d'images, rapporte franceinfo.

Un événement historique

La dépouille d'Ali Khamenei sera exposée au Grand Mossalla de Téhéran, un vaste complexe religieux dont la façade arbore déjà le visage du guide suprême. La cérémonie rendra également hommage à sa fille, son gendre, sa petite-fille et l'épouse de son fils Mojtaba, tous tués dans l'attaque.

Le lendemain, une procession de 10 kilomètres aura lieu entre la place de l'imam Hossein et la place Azadi. Le maire de Téhéran évoque le "plus grand rassemblement de l'histoire de la ville", avec 20 millions de participants. Les cérémonies se poursuivront mardi à Qom, capitale religieuse, puis en Irak le 8 juillet à Nadjaf et Karbala, villes saintes chiites. Enfin, Ali Khamenei sera enterré jeudi à Mashhad, près du Mausolée de l'imam Reza, avec 8 à 10 millions de personnes attendues.

Symbole de résistance

"Cet itinéraire rassemble plusieurs formes d'autorité : le pouvoir d'État, l'autorité cléricale, la mémoire chiite transnationale, la politique de la résistance et la géographie sacrée de l'enterrement", analyse Hajar Ghorbani, anthropologue à l'université d'Alberta, pour franceinfo. Les cérémonies arboreront des drapeaux avec des poings fermés et le slogan "Il faut se soulever". Les cortèges seront rythmés par les rites du deuil chiite : vêtements noirs, processions et participants se frappant la poitrine.

Pour le pouvoir, il s'agit d'une démonstration de résilience après la guerre. Reste à savoir si la mobilisation sera comparable à celle des funérailles de l'ayatollah Khomeini en 1989, où des millions d'Iraniens avaient envahi les rues de Téhéran. Mais le contexte est différent : le régime est plus essoufflé, avec une population épuisée par des décennies de sanctions économiques, l'inflation et une répression sévère. Deux mois avant sa mort, des manifestations avaient ciblé Khamenei avant d'être réprimées dans le sang.

Un test pour la succession

Ces funérailles seront aussi un test pour la succession. Mojtaba Khamenei, le fils de l'ayatollah, blessé dans la même frappe, n'est plus apparu publiquement depuis plusieurs mois. Son état de santé reste incertain.

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