L'Iran menace d'ouvrir de nouveaux fronts si les États-Unis attaquent
Iran menace de nouveaux fronts si les USA attaquent

L'armée iranienne a mis en garde Washington contre toute nouvelle offensive militaire, alors que le Qatar appelle à privilégier la voie diplomatique pour sortir de l'impasse. L'armée iranienne a averti mardi qu'elle « ouvrira de nouveaux fronts » si les États-Unis reprennent leurs attaques contre la République islamique, après que le président Donald Trump a dit avoir suspendu une nouvelle offensive. Dans le même temps, le Qatar a appelé mardi à donner « plus de temps » à la diplomatie pour tenter de trouver un règlement, au-delà du fragile cessez-le-feu, à ce conflit qui a fait des milliers de morts et gravement perturbé l'économie mondiale.

Trump annule une attaque au dernier moment

La veille, Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de « très bonnes chances » de parvenir à un accord avec Téhéran. Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant de publier un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une reprise des hostilités à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

« Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui », a répondu mardi le porte-parole de l'armée iranienne, Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des négociations sous tension

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment quarante jours de frappes lancées le 28 février par les États-Unis et Israël, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord, mais les positions de Washington et Téhéran restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire. Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des États-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique. Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie. Donald Trump avait estimé devant la presse qu'il avait « de très bonnes chances » de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution « très positive » des tractations, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les États-Unis se tenaient prêts à lancer une « attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé ».

L'accord nucléaire au cœur des divergences

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a prévenu le président américain. Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les « conditions excessives » formulées par les États-Unis dans leur dernière offre. Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux États-Unis.

Le Qatar appelle à la patience

Mardi, le Qatar a affirmé que les négociations entre les États-Unis et l'Iran avaient besoin de « plus de temps » pour aboutir. « Nous soutenons les efforts diplomatiques menés par le Pakistan […] pour rapprocher les parties et trouver une solution, et nous pensons qu'ils nécessitent plus de temps », a affirmé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha. « Nous voulons protéger les populations de la région, qui seraient les principales perdantes » en cas d'escalade, a-t-il ajouté.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Dans le Golfe, Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens. La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale et fait flamber les cours du pétrole. Toujours à un niveau élevé, ceux-ci se sont toutefois calmés mardi, les marchés préférant retenir les déclarations optimistes de Donald Trump : vers 9 h 40 GMT (11 h 40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 1,55 % à 110,36 dollars.