Bertrand Daullé, 80 ans, croque le monde avec malice à Mialet
Bertrand Daullé fête ses 80 ans en caricatures

L’épicerie associative Chez Mialet, au 74 avenue Jacques-Bernard, accueille jusqu’au 22 août une exposition de caricatures signées Bertrand Daullé. Le dessinateur, qui célèbre cette année ses 80 ans, y présente dix-huit dessins extraits de son dernier ouvrage, 80 balais en 2026, Destins de baby-boomers 1946-2026 en 80 dessins.

Un rendez-vous avec les baby-boomers

« Avoir 80 ans est pour moi une terre incognita », confie Bertrand Daullé. Pour explorer cet âge inédit, il a choisi de s’entourer de compagnons de route : des personnalités qui, comme lui, sont nées en 1946. L’idée a donné naissance à un livre au titre explicite, 80 balais en 2026, dont les planches associent le trait malicieux du dessinateur à des éléments biographiques essentiels et, pour certains, à une contextualisation sociétale.

Parmi les célébrités croquées figure Gisèle Pénicot, dont le portrait est accompagné de la déclaration : « Ne jamais rien lâcher. » Le dessin, comme tous les autres, reflète le regard tendre et ironique de Bertrand Daullé. Les visiteurs peuvent également découvrir des caricatures de personnalités sportives ou politiques qui font l’actualité, ajoutées aux jeunes octogénaires.

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Une carrière consacrée au dessin de presse

Le trait de Bertrand Daullé n’est pas né d’hier. Après des études de droit, il choisit en 1974 de renouer avec le dessin, abandonnant la rédaction des jugements de contentieux à la sécurité sociale. Sa carrière de caricaturiste l’amène à collaborer avec de grands titres de la presse française et internationale : Libération, Le Monde, Le Canard enchaîné et le Herald Tribune. Il travaille pour ces journaux jusqu’à la crise déclenchée par la première guerre du Golfe en 1990.

Cette longue expérience se retrouve dans chaque esquisse. « Les visages m’intéressent. Je porte un regard décalé sans méchanceté. La déformation est un parti pris », explique l’artiste. Une philosophie qui donne à ses caricatures une profondeur rare, entre humour et bienveillance.

Un don transmis de père en fils

Bertrand Daullé revendique un atavisme familial. Son attachement au village de Mialet se double d’une tradition du dessin transmise de génération en génération. « Mon père Jean avait un bon coup de crayon », se souvient-il. Mieux : la famille a retrouvé la trace d’un ancêtre graveur ayant vécu sous le règne de Louis XV. Un héritage qui ne l’a pas toujours aidé à l’école. « Au collège, je me suis fait virer car je montrais mes caricatures aux copains pendant les cours », s’amuse-t-il.

Cette espièglerie est restée intacte. Aujourd’hui, Bertrand Daullé continue de croquer le monde avec malice, et son exposition à Chez Mialet en est une belle illustration.

Pratique

Le livre 80 balais en 2026, Destins de baby-boomers 1946-2026 en 80 dessins est en vente au prix de 15 € à l’épicerie associative Chez Mialet. L’exposition, quant à elle, est accessible du mardi au samedi, de 10 heures à 12 h 30, au 74 avenue Jacques-Bernard. Les visiteurs pourront y admirer dix-huit dessins choisis parmi les quatre-vingts portraits du recueil, représentatifs du talent et de la sensibilité de leur auteur.

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