Nîmes : plus de touristes en juillet, mais un panier moyen en baisse
Nîmes : les touristes plus nombreux mais consomment moins

Les touristes ont répondu présent à Nîmes au mois de juillet, mais leur pouvoir d'achat, lui, est en berne. L'office de tourisme enregistre une hausse de 9,7 % de la fréquentation touristique dans la ville, et le secteur hôtelier affiche un taux d'occupation en progression de 13 %. Les trois concerts du groupe The Cure ont notamment généré 161 000 nuitées sur le mois.

Une fréquentation en hausse, des touristes plus prudents

Cette affluence fait écho à un paradoxe : les visiteurs sont plus nombreux, mais ils consomment moins. Laurent Mespoulet, adjoint au maire de Nîmes délégué au développement économique et au tourisme, le reconnaît : « Ils vont cibler des activités moins chères ou gratuites, ils ne vont pas se lâcher. »

Dans les restaurants et cafés du centre-ville, le constat est moins alarmiste, mais les comptes sont moins bons. Au Romarin, la gérante Stéphanie indique que la fréquentation reste stable, avec 50 couverts en moyenne le midi. « Ils consomment moins, et ne prennent pas de dessert », ajoute-t-elle.

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Au centre-ville, les restaurateurs ressentent la morosité

Au Courtois, café-restaurant historique de la place du Marché, Marie-Emmanuelle Courtois observe « une morosité de la part des visiteurs, compte tenu de l'actualité ». Elle nuance : « Les Jeudis de Nîmes ont du mal à démarrer cette année, mais le chiffre d'affaires n'en souffre pas trop pour l'instant. » Elle constate néanmoins une nette augmentation de la clientèle espagnole : « Il y a de plus en plus d'Espagnols, ils sont toujours joyeux. »

Cette tendance à la consommation plus mesurée se retrouve ailleurs dans le département. D'après les chiffres de Gard tourisme, au 26 juillet, le Gard totalise 3,9 millions de nuitées touristiques, soit une évolution de -2 % par rapport à la même période de juillet 2025. Une stabilité apparente qui masque des disparités : les nuitées françaises reculent de 6 %, tandis que les nuitées étrangères progressent de 3 %.

Campings : les incendies et le carburant refroidissent les vacanciers

Du côté des campings, le bilan de mi-saison est beaucoup plus lourd. Au camping des Amandiers à Gallargues-le-Montueux, la gérante déclare : « La saison est fichue », expliquant ne plus recevoir de réservations depuis le début des incendies dans la région. « Le mois d'août s'annonce mal », poursuit-elle, alors que les animations et activités proposées attirent à peine quelques participants.

Même son de cloche au camping du Soleil du Grau-du-Roi, rempli à seulement 40 % de sa capacité en ce mois de juillet. Georges De Oliveira, employé de l'établissement depuis 17 ans, parle d'« une catastrophe ». Selon lui, la baisse du pouvoir d'achat est directe : « Les prix du carburant, ça démotive les camping-cars et les caravanes. On le voit au restaurant, au bar, c'est fini les grosses tablées, les entrées-plat-dessert. »

Certains établissements tirent leur épingle du jeu

Tous les professionnels ne sont cependant pas dans le rouge. À Uzès, au restaurant la Voûte, la patronne Gabrielle Clot se réjouit : « C'est rempli. » Elle assure 100 couverts par service, midi et soir, depuis dix jours, et aborde le mois d'août avec confiance. Elle relativise les baisses de consommation : « Les seuls jours où les clients consomment moins, c'est lors des canicules extrêmes, les gens ont tout simplement moins faim. »

Un mois d'août incertain, entre attentisme et réservations de dernière minute

Si le mois de juillet a été épargné par les incendies qui frappent la région nîmoise, l'inquiétude grandit pour août. Laurent Mespoulet constate un taux de réservations très faible : « On n'a pas les niveaux qu'on devrait avoir. » Il explique que les vacanciers, prudents, attendent de voir l'évolution de la situation avant de s'engager : « Les gros incendies sont récents, et ils ont programmé leurs vacances à l'avance, ce qui explique le taux de réservations élevé en juillet. En août, dans toute la région occitane, cela se fera à la dernière minute. »

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La saison touristique gardoise reste donc suspendue à la météo et à la situation des incendies, alors que la fréquentation étrangère apporte une légère bouffée d'oxygène. Les professionnels espèrent que les réservations de dernière minute compenseront un mois de juillet en demi-teinte sur le plan des dépenses.