Frappe israélienne au Liban malgré la trêve : plusieurs militaires tués
Frappe israélienne au Liban : plusieurs militaires tués

L'armée libanaise a annoncé ce samedi 6 juin la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur. « Plusieurs militaires, dont un officier », ont été tués « dans une attaque israélienne brutale » ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué. Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Un cessez-le-feu toujours bafoué

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée. L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban. Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Tensions entre le Liban et l'Iran

Plusieurs dirigeants libanais ont lancé vendredi 5 juin des avertissements fermes à l'Iran, l'appelant à cesser d'interférer dans les affaires de leur pays. « Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (…) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays », a lancé le président libanais Joseph Aoun à l'adresse de l'Iran, tout en appelant le Hezbollah à choisir la voie diplomatique. « Vous devez faire preuve d'une certaine volonté (…) de mettre fin à cette guerre », a-t-il aussi lancé à Israël. « Nous sommes prêts (…) Et vous ? » Le chef d'Etat se heurte à la réticence du mouvement islamiste et d'une partie de la population depuis le lancement de négociations directes avec Israël, pour la première fois depuis des décennies. Les deux pays n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

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Ce samedi, le ministre iranien des Affaires étrangères a répondu au président libanais. « D'après les propos de M. Aoun, on pourrait croire que c'est l'Iran qui a occupé un cinquième du Liban, déplacé un quart des Libanais et bombarde son pays quotidiennement », a écrit Abbas Araghchi sur X en se référant à Israël sans le nommer. « Si le Liban avait été une monnaie d'échange pour l'Iran, nous aurions conclu un accord depuis longtemps. Sauvez le Liban de votre véritable ennemi, Monsieur le président », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Nawaf Salam a lui aussi exhorté l'Iran à cesser d'utiliser son pays comme « moyen de pression » dans les discussions avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Téhéran exige que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités sur le front libanais, avec un retrait des forces israéliennes. Le président du Parlement Nabih Berri, qui joue un rôle d'intermédiaire auprès du Hezbollah, a de son côté évoqué pour la première fois la possibilité que le groupe chiite évacue le sud, si Israël se retirait du Liban et si un cessez-le-feu « global et sans conditions » était conclu.

Les affrontements se poursuivent

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent. L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah. « Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani », a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram. Pour aider le pays ravagé par la guerre, l'ONU a plus que doublé son appel aux dons, réclamant près de 640 millions de dollars sur six mois.

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué plusieurs attaques contre les troupes israéliennes qui occupent une partie du sud du pays, mais pas contre le nord d'Israël. L'armée israélienne a toutefois indiqué dans la soirée que les sirènes d'alerte avaient retenti dans des localités du nord d'Israël, après que des missiles sol-air ont visé un avion militaire, qui n'a pas été endommagé. Un porte-parole a précisé à l'AFP que l'avion se trouvait dans le sud du Liban.

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Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran. Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3 560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.

Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères de 11 pays, dont la France, le Canada ou l'Australie, et la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, ont exprimé leur « profonde préoccupation face à l'escalade continue des hostilités au Liban ». Ils ont salué les « efforts du gouvernement libanais visant à étendre son autorité à l'ensemble du pays », notamment « en faisant progresser le désarmement du Hezbollah ».