La France et l'Allemagne ont dénoncé ce samedi 19 août 2023 les propos «inhumains» du ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, qui a appelé à «éliminer» 30 à 40 civils chaque nuit à Gaza. Dans un communiqué commun, les deux pays ont exprimé leur «profonde indignation» face à ces déclarations, les qualifiant de «contraires au droit international humanitaire».
Des propos chocs rapportés par un média israélien
Selon le journal israélien Haaretz, Bezalel Smotrich a tenu ces propos lors d'une réunion à huis clos avec des responsables de la sécurité. Il aurait déclaré qu'il fallait «éliminer 30 ou 40 personnes chaque nuit» dans la bande de Gaza, en référence à des opérations militaires visant des combattants du Hamas. Ces déclarations, rapportées par le média, ont suscité une vague d'indignation internationale.
Le ministre israélien, membre de l'aile droite du gouvernement de Benjamin Netanyahu, est connu pour ses positions radicales sur le conflit israélo-palestinien. Il a déjà appelé à l'annexion de la Cisjordanie et à la répression des manifestations palestiniennes.
Une condamnation ferme de Paris et Berlin
Dans leur communiqué, la France et l'Allemagne ont souligné que «ces propos sont inacceptables et doivent être fermement condamnés». Elles ont rappelé que «les civils ne doivent jamais être pris pour cible» et que «le droit international humanitaire doit être respecté en toutes circonstances».
Les deux pays ont également appelé à «une désescalade immédiate» dans la région, où les tensions sont déjà vives. «Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute action qui pourrait aggraver la situation», ont-ils ajouté.
Réactions internationales et contexte
Les propos de Bezalel Smotrich interviennent dans un contexte de violences accrues entre Israël et le Hamas. Depuis le début du mois d'août, des frappes aériennes israéliennes ont visé des positions du groupe islamiste à Gaza, en réponse à des tirs de roquettes. Selon les autorités palestiniennes, ces frappes ont fait des dizaines de victimes civiles.
L'Union européenne et plusieurs organisations de défense des droits humains ont également condamné les déclarations du ministre israélien. Amnesty International a dénoncé des «appels à des crimes de guerre» et a demandé une enquête internationale. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a exprimé sa «profonde préoccupation» et a appelé à «un cessez-le-feu immédiat».
Cette affaire met en lumière les divisions au sein du gouvernement israélien, où les voix extrémistes gagnent du terrain. Bezalel Smotrich, qui dirige le parti d'extrême droite Sionisme religieux, est un allié clé de Benjamin Netanyahu. Ses déclarations pourraient affaiblir la position d'Israël sur la scène diplomatique, alors que le pays fait face à des critiques croissantes pour sa politique dans les territoires palestiniens.



