À Doha, la délégation iranienne a clairement fait savoir que toute reprise des négociations sur le programme nucléaire serait conditionnée à des garanties financières substantielles. Selon des sources diplomatiques, Téhéran exige le déblocage de fonds gelés à l'étranger et des assurances sur les exportations pétrolières avant de s'asseoir à la table des discussions.
Des exigences financières jugées inacceptables
Les États-Unis et les pays européens ont qualifié ces conditions de "chantage pur et simple". Un diplomate occidental a déclaré : "L'Iran tente de monnayer sa participation aux négociations, ce qui est totalement inacceptable." Les discussions, qui devaient initialement reprendre fin juin, sont désormais bloquées par ces préalables financiers.
Le précédent des négociations de 2022
En 2022, un accord semblait proche avant d'être torpillé par des demandes iraniennes de levée des sanctions et de garanties économiques. Cette fois, l'Iran va plus loin en exigeant des paiements anticipés. Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran enrichit désormais de l'uranium à 60 %, proche du seuil militaire, ce qui accroît l'urgence d'un accord.
L'impact sur les marchés pétroliers
Les marchés pétroliers suivent de près ces développements. Une reprise des négociations pourrait signifier une levée des sanctions et un retour du pétrole iranien sur le marché, ce qui ferait baisser les prix. À l'inverse, un échec des discussions maintient la pression sur l'offre. Le baril de Brent a gagné 2 % cette semaine, les investisseurs anticipant des tensions prolongées.
Les divisions au sein du camp iranien
Des analystes estiment que cette position intransigeante reflète des luttes de pouvoir à Téhéran entre les modérés partisans d'un accord et les durs du Corps des Gardiens de la révolution islamique. Un expert du Centre d'études stratégiques de l'Atlantique a noté : "L'Iran joue la montre, espérant que les divisions occidentales affaibliront le front commun."
Les prochaines étapes
Les diplomates européens tentent de trouver une formule de compromis, mais les États-Unis ont prévenu qu'ils ne céderaient pas au chantage. Une réunion de l'AIEA est prévue en septembre pour faire le point sur le programme nucléaire iranien. D'ici là, la pression monte sur toutes les parties pour éviter une escalade.



