Le jeu dangereux de Trump avec la sécurité européenne
Trump et la sécurité européenne : un jeu risqué

Donald Trump s’adonne à un jeu dangereux en émoussant la garantie de sécurité accordée par les États-Unis aux alliés européens. Ceux-ci, lancés dans une course contre la montre pour se réarmer face à l’impérialisme russe, ne sont pas encore prêts, collectivement, à assumer seuls leur défense. Si Vladimir Poutine avait l’intention, comme le craignent des chefs militaires occidentaux, de mettre à l’épreuve la solidité de l’Otan, le moment le plus favorable pour lui approche très vite.

Des retraits unilatéraux

Les Européens ont plaidé en vain pour que le redéploiement des forces conventionnelles américaines hors d’Europe se fasse en ordre et en concertation, afin de leur laisser le temps de se préparer. Les sautes d’humeur du président américain – qui peste, ces temps-ci, contre le refus européen de l’aider dans sa guerre contre l’Iran – ont mis à bas ce projet. Washington a annoncé le retrait imprévu de 5 000 hommes sur les 35 000 stationnés en Allemagne, puis l’annulation du déploiement dans ce pays de missiles de croisière Tomahawk. Ceux-ci devaient justement rééquilibrer la dissuasion conventionnelle, après le déploiement par la Russie, dans l’enclave de Kaliningrad, de missiles menaçant Berlin et Varsovie.

Une alliance fragilisée

Cette décision unilatérale affaiblit la crédibilité de l’Otan et expose les alliés européens à une menace russe grandissante. Les dirigeants européens, pris de court, cherchent désormais à accélérer leurs propres programmes de défense, mais les délais restent longs. L’absence de coordination avec Washington complique encore la donne, alors que les tensions avec Moscou ne cessent de croître.

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