Des négociations sous tension
Les échanges diplomatiques entre l'Iran et les États-Unis se poursuivent ce mercredi 27 mai, malgré une profonde méfiance et une brève flambée militaire cette semaine. Téhéran accuse Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en place depuis avril, après que les États-Unis ont annoncé avoir visé des sites de missiles et des bateaux poseurs de mines dans le sud de l'Iran. Malgré ces accusations, les discussions avancent, avec des signaux contrastés de part et d'autre.
Un projet d'accord-cadre en 14 points
La télévision d'État iranienne a fait état d'une ébauche d'accord-cadre avec les États-Unis, tout en soulignant que le texte n'est « pas encore finalisé ». Washington a qualifié ce projet de « totale invention », avant que Donald Trump n'affirme qu'il n'est « pas satisfait » des propositions iraniennes. Cependant, selon The Guardian, le secrétaire d'État américain Marco Rubio aurait salué « du progrès » dans les discussions.
L'Iran affirme être en train de finaliser un accord-cadre en 14 points, donnant la priorité à la fin de la guerre « sur tous les fronts », y compris au Liban. Les grandes lignes de la proposition ont été dévoilées, et des détails supplémentaires ont émergé dans les médias iraniens. Lundi, de hauts négociateurs iraniens se sont rendus au Qatar pour des discussions décrites comme faisant partie du processus diplomatique.
Déblocage des avoirs gelés
Selon l'agence de presse Tasnim, Téhéran cherche à obtenir le déblocage d'environ 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés à l'étranger. Environ 12 milliards « devraient être mis à disposition au moment de l'annonce du mémorandum ». Il n'existe aucun chiffre officiel concernant le total des avoirs gelés, mais les médias iraniens les estiment entre 100 et 123 milliards de dollars.
La question du détroit d'Ormuz
L'Iran maintient un contrôle strict sur le détroit d'Ormuz, voie maritime essentielle pour le transport mondial, depuis le début de la guerre. Les États-Unis ont imposé ce que Téhéran décrit comme un blocus naval des ports et côtes iraniennes depuis le 13 avril. Le projet d'accord inclut des dispositions relatives à la fin du blocus américain et à des arrangements concernant le détroit d'Ormuz. En contrepartie, l'Iran autoriserait la reprise du trafic maritime commercial à travers le détroit dans un délai d'un mois, tout en continuant à gérer les voies de navigation, inspecter les navires et imposer des frais de service. Les engagements iraniens ne s'appliqueraient pas aux navires militaires, et Téhéran n'a pas accepté « de rouvrir inconditionnellement le détroit ».
Programme nucléaire : les détails reportés
Selon le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, les détails liés au programme nucléaire iranien – un point de friction majeur pour Washington – seraient reportés à une phase ultérieure, après l'accord-cadre. Les questions nucléaires, notamment les niveaux d'enrichissement et le sort du stock d'uranium hautement enrichi, seraient négociées pendant une période de 60 jours suivant la signature du mémorandum. Selon Tasnim, les sanctions américaines empêchant les exportations iraniennes de pétrole et de produits pétrochimiques devraient aussi être levées durant cette période. Donald Trump a indiqué qu'il s'attend à ce que l'Iran remette son uranium enrichi aux États-Unis pour destruction, ou le détruise sous supervision internationale.
Garanties de respect de l'accord
Parmi les principales exigences de Téhéran figurent des garanties que Washington respecterait l'accord, après le retrait américain de l'accord nucléaire de 2015. Selon l'ébauche d'accord, un accord définitif « devrait être entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies », ce qui constituerait « le niveau de garantie le plus élevé reconnu par le droit international ». Tasnim affirme par ailleurs que le mécanisme d'annonce d'un possible premier protocole d'accord « devra être établi conjointement », sans annonce unilatérale des États-Unis.



