En 2002, Cédric Klapisch a réussi à définir, en un film, toute une génération européenne. Celle de L'Auberge espagnole, d'Erasmus, des frontières ouvertes et de la découverte de ses voisins. « Je suis Français, Espagnol, Anglais, Danois, exulte Romain Duris dans une scène devenue culte. Je ne suis pas un mais plusieurs. Je suis comme l'Europe, je suis tout ça, un vrai bordel. »
Plus de vingt ans plus tard, les études connectent toujours cette jeunesse européenne, mais notre continent a changé. Ni la paix, ni l'absence de frontières, ni le libre-échange ne vont plus de soi. Le Brexit, le Covid-19 et la guerre en Ukraine, entre autres, sont passés par là.
Un film emblématique d'une époque révolue ?
L'Auberge espagnole reste un symbole fort de l'idéal européen des années 2000. Le film met en scène des étudiants de différentes nationalités partageant un appartement à Barcelone, vivant ensemble, apprenant les langues et s'ouvrant aux autres cultures. Cette vision optimiste de l'Europe unie a marqué toute une génération.
Les défis actuels de l'Union européenne
Aujourd'hui, l'Union européenne fait face à des crises multiples qui remettent en question ses fondements. Le Brexit a montré que l'adhésion à l'UE n'est pas irréversible. La pandémie de Covid-19 a entraîné la fermeture temporaire des frontières internes, un choc pour la libre circulation. Enfin, la guerre en Ukraine a ravivé les craintes sécuritaires et mis à l'épreuve la solidarité européenne.
Erasmus toujours vivant
Malgré ces bouleversements, le programme Erasmus continue d'attirer des milliers d'étudiants chaque année. Il reste un outil puissant de rapprochement entre les jeunes Européens. Cependant, les nouvelles générations sont plus conscientes des fragilités de l'Union.
Le film de Klapisch demeure une référence culturelle, mais il sert aussi de miroir pour mesurer le chemin parcouru. L'enthousiasme des années 2000 a laissé place à une Europe plus pragmatique, confrontée à des défis inédits. La scène culte de Romain Duris résonne différemment aujourd'hui : l'identité multiple qu'il revendique est toujours possible, mais elle doit composer avec des réalités géopolitiques complexes.
En conclusion, L'Auberge espagnole reste un témoignage précieux d'un moment d'optimisme européen. Vingt ans après, l'Europe a changé, mais le rêve d'une jeunesse connectée et ouverte sur le monde persiste, malgré les obstacles.



