Dans un entretien accordé à Libération, l'eurodéputée socialiste Aurore Lalucq et le juge Nicolas Guillou, président de l'Union syndicale des magistrats, tirent la sonnette d'alarme sur la situation de l'État de droit en Europe. Ils estiment que les libertés fondamentales des citoyens européens sont menacées par des dérives autoritaires dans plusieurs États membres.
Un constat alarmant
Pour Aurore Lalucq, « l'État de droit et nos libertés en tant qu'Européens sont en jeu ». Elle pointe du doigt les attaques contre l'indépendance de la justice, la liberté de la presse et les droits des minorités. Nicolas Guillou renchérit : « Nous assistons à un recul démocratique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. »
Des cas concrets
Les deux intervenants citent plusieurs exemples : la Pologne et la Hongrie, où les réformes judiciaires ont affaibli l'État de droit, mais aussi la France, avec la récente loi sur la sécurité globale qui restreint les libertés publiques. « Il ne s'agit pas d'un problème lointain, cela nous concerne directement », insiste Lalucq.
Le rôle de l'Union européenne
Ils appellent l'Union européenne à agir avec plus de fermeté. « Les mécanismes existants, comme la procédure de l'article 7, sont trop lents et trop politiques », déplore Guillou. Ils proposent de renforcer les pouvoirs de la Commission européenne et de la Cour de justice de l'UE pour sanctionner les violations de l'État de droit.
Une mobilisation citoyenne nécessaire
Au-delà des institutions, Lalucq et Guillou estiment que les citoyens doivent se mobiliser. « Il faut défendre nos libertés au quotidien, dans les urnes et dans la rue », conclut l'eurodéputée. Ils espèrent que leur appel contribuera à une prise de conscience collective.



