Retraite : Garofalo se pourvoit en cassation contre la Carsat
Retraite : Garofalo se pourvoit en cassation contre la Carsat

Thierry Garofalo, figure bien connue du handisport varois, s'est pourvu en cassation pour voir appliquer « dans son ensemble » la décision du 29 septembre 2022. Le 5 juillet 2024, la cour d'appel d'Aix-en-Provence lui avait donné raison dans sa bataille contre la Carsat, mais deux ans plus tard, il attend toujours le versement intégral de ses cotisations retraite.

Un imbroglio comptable vieux de plusieurs décennies

À l'origine de ce contentieux : une erreur d'écriture comptable entre la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) et la Caisse nationale des industries électriques et gazières (Cnieg). Les deux organismes se sont longtemps renvoyé la responsabilité, selon le Hyérois. Les cotisations litigieuses correspondent à un « stage effectué du 1er décembre 1975 au 31 mars 1977 rémunéré par le ministère du travail », précise l'intéressé.

Après neuf années de procédures, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a finalement donné raison à l'ancien sportif le 5 juillet 2024. Mais l'administration n'aurait procédé qu'à des versements partiels : 6 600 euros à l'automne 2024, puis 7 400 euros quelques mois plus tard. Depuis, plus rien.

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« Ils n'ont payé que 22 trimestres sur 24 »

« Ils n'ont payé que 22 trimestres sur 24 et n'ont pas pris en compte deux autres années, fulmine Thierry Garofalo. Sans donner d'explication. Moi, quand je suis condamné à 20 500 euros de dommages et intérêts, je donne toutes mes épargnes et je reçois encore des commandements à payer. Mais eux font comme bon leur semble. Si ce n'est pas la preuve d'un état mafieux… » L'ancien président du comité handisport du Var a en effet été condamné en août 2022 pour abus de confiance et escroquerie, peine assortie de 24 mois d'emprisonnement avec sursis.

Le septuagénaire doit par ailleurs rembourser un trop-perçu à la Caisse d'allocations familiales (CAF). La réévaluation de ses droits à la retraite ayant modifié le montant de ses allocations, il est contraint de verser chaque mois une somme correspondant à ce qui est considéré comme un indu. « Ils reprennent d'une main ce qu'ils me doivent de l'autre », résume-t-il.

Un champion au mental d'acier

Cette obstination n'est pas nouvelle. Atteint de poliomyélite à l'âge de 11 mois, Thierry Garofalo a construit sa vie sur la résilience. Médaillé d'argent aux Jeux paralympiques de Séoul en 1988, il a décroché le bronze à New York en 1984 et à Barcelone en 1992 en handitennis de table. Il a également survécu, selon lui, à un empoisonnement aux éthers de glycol alors qu'il travaillait chez IBM dans les années 1980.

« Alors que l'espérance de vie moyenne pour les gens atteints de polio est de 65 ans », sourit-il, lui qui affiche 71 ans. Un âge atteint sans doute grâce à ce caractère bien trempé, qu'il revendique volontiers : « Je n'aurais jamais dû travailler en réalité. Rester dans mon coin comme un petit handicapé. Mais il faut arrêter de nous prendre pour des jambons. Il y a des lois, et j'irai jusqu'au bout. »

Un silence vécu comme un manque de considération

Depuis deux ans, Thierry Garofalo dit n'avoir « plus aucune nouvelle » des organismes concernés. Un silence qu'il vit comme une nouvelle forme de mépris. « J'ai l'impression d'avoir été sacrifié sur l'autel de la collectivité », peste-t-il, avant de rappeler que même les présidents du conseil départemental du Var ont parfois fini condamnés.

L'ancien champion, qui a décidé de se pourvoir en cassation, espère que la plus haute juridiction judiciaire tranchera en sa faveur. « Il y a des lois », insiste-t-il. Une histoire de mental, comme toujours.

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