Jean-Christophe Giletta, expert de l'organisation des grands événements et ancien gestionnaire du Stade de France pendant 15 ans, apporte son éclairage professionnel sur la polémique entourant l'occupation de l'Allianz Riviera pour les Jeux Olympiques d'hiver de 2030. Selon lui, une immobilisation de 2 à 3 mois serait plus réaliste que les 9 mois avancés par Éric Ciotti.
Une transformation complexe mais rapide
Giletta, qui a participé à la production des cérémonies des JO de Paris 2024, souligne que la transformation d'un stade de football en patinoire olympique est réalisable en un temps record. Il cite l'exemple du Stade de France, où il a supervisé de nombreuses transformations, notamment en anneau de glace pour le Trophée Andros, en terrain de motocross ou en hippodrome. Ces opérations ne mobilisaient généralement le stade que 10 à 15 jours.
« Mon incompréhension est totale quand je lis que Nice a perdu les JO parce qu'il fallait mobiliser l'Allianz Riviera pendant 4 ou 5 mois pour construire et déconstruire deux patinoires », déclare-t-il. Il rappelle que le changement de pelouse se fait en 2 ou 3 jours, et que le montage de tribunes supplémentaires est une opération courante.
Des solutions techniques existent
Giletta admet que le système de couverture des patinoires est le plus complexe, mais assure que des solutions techniques existent et que les quatre années de préparation auraient permis de les tester. Il compare avec d'autres événements : le Super Bowl, où une scène de concert est construite et déconstruite en 14 minutes, ou le stade San Siro à Milan, qui a accueilli la cérémonie d'ouverture des JO malgré deux clubs résidents.
« Nous avons en France le savoir-faire, les prestataires et les techniciens rompus à ce type de sujet », insiste-t-il.
Un impact limité sur le calendrier de l'OGC Nice
Concernant l'impact sur l'OGC Nice, Giletta estime que le club n'aurait été privé de son stade que pour 2 à 4 matchs, qui auraient pu être délocalisés. Il souligne que la Ligue 1 s'arrête pendant 15 jours en décembre, ce qui aurait permis de commencer les travaux sans empiéter sur le championnat.
« Si c'est pour cette raison que Nice a pris le risque de perdre les JO, je dis quel énorme gâchis ! », s'exclame-t-il, évoquant l'opportunité de rayonnement mondial, l'accueil de 600 000 spectateurs et les infrastructures à moindre coût.



