Italie : Meloni fait voter une loi lui offrant un bonus électoral
Italie : Meloni obtient un bonus électoral par loi

Le Parlement italien a adopté définitivement jeudi 17 juillet une réforme électorale controversée, portée par la présidente du Conseil Giorgia Meloni. Ce texte, surnommé « bonus Meloni » par l'opposition, accorde un prime de 55 % des sièges à la Chambre des députés à la coalition ou au parti qui remportera le plus de voix aux prochaines élections législatives, à condition d'atteindre un seuil de 20 % des suffrages exprimés. Jusqu'à présent, ce bonus n'était accordé qu'à la coalition gagnante, mais sans condition de seuil.

Un bonus de majorité renforcé

La nouvelle loi modifie le système électoral actuel, qui combine scrutin majoritaire uninominal et proportionnel. Désormais, le parti ou la coalition qui obtient au moins 20 % des voix se voit attribuer 55 % des sièges de la Chambre (soit 220 députés sur 400). Si aucun n'atteint ce seuil, le bonus est déclenché par un second tour entre les deux premiers. Ce mécanisme vise à garantir une majorité stable, mais l'opposition y voit un « coup de force » pour verrouiller le pouvoir.

« Cette réforme est taillée sur mesure pour les Frères d'Italie, qui caracolent en tête des sondages avec environ 28 % des intentions de vote », a dénoncé Elly Schlein, secrétaire du Parti démocrate. Selon elle, la loi « détourne le principe de représentation proportionnelle au profit d'un parti unique ».

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Un texte adopté dans la controverse

Le texte a été approuvé par 165 voix pour, 110 contre et 2 abstentions au Sénat, après un passage à la Chambre. La majorité de droite (Frères d'Italie, Ligue, Forza Italia) a voté en bloc, tandis que l'opposition de gauche et le Mouvement 5 Étoiles ont dénoncé une « manœuvre antidémocratique ». Des manifestations ont eu lieu devant le Parlement, rassemblant plusieurs milliers de personnes.

« Nous offrons aux Italiens un système clair et efficace, qui permet de gouverner sans être paralysé par des coalitions hétéroclites », a justifié Giorgia Meloni lors des débats. Elle a rappelé que des bonus similaires existent dans d'autres démocraties, comme en France avec le scrutin majoritaire à deux tours.

Impact sur les prochaines élections

Les prochaines élections législatives sont prévues en 2027, mais une éventuelle dissolution anticipée n'est pas exclue. Avec cette loi, Meloni s'assure que si son parti arrive en tête, il obtiendra une majorité absolue, même avec un score modeste. Les sondages actuels donnent les Frères d'Italie à 28 %, la Ligue à 9 %, Forza Italia à 8 %, tandis que le Parti démocrate est à 22 % et le Mouvement 5 Étoiles à 15 %. Selon une simulation réalisée par l'Institut Cattaneo, avec ce bonus, la coalition de droite obtiendrait 60 % des sièges, contre 45 % avec le système précédent.

La réforme a été critiquée par les associations de défense des droits civiques, qui y voient une « dérive autoritaire ». Elles annoncent un recours devant la Cour constitutionnelle.

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