Les électeurs islandais sont appelés aux urnes ce samedi pour un référendum consultatif sur la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne. Ce scrutin, bien que non contraignant, pourrait relancer un débat qui divise le pays depuis plus d'une décennie.
Un référendum consultatif organisé dans un contexte politique inédit
Le gouvernement islandais, dirigé par la coalition de gauche, a décidé d'organiser cette consultation populaire afin de sonder l'opinion publique sur une éventuelle reprise des pourparlers avec Bruxelles. Les négociations avaient été gelées en 2015 par le gouvernement de l'époque, qui avait estimé que l'adhésion n'était plus une priorité.
Selon les derniers sondages, les Islandais seraient partagés, avec une légère majorité en faveur d'une reprise des discussions. Cependant, les partisans de l'adhésion restent minoritaires, et le résultat de ce scrutin pourrait ne pas être suivi d'effets immédiats.
Un passé européen complexe
L'Islande, membre de l'Espace économique européen (EEE) depuis 1994, a toujours entretenu une relation ambiguë avec l'Union européenne. Le pays a déposé une demande d'adhésion en 2009, après la crise financière qui l'avait durement frappé, mais les négociations ont été suspendues six ans plus tard.
Les principaux points de friction restent la pêche, secteur vital pour l'économie islandaise, et la politique agricole commune. Les opposants à l'adhésion craignent également une perte de souveraineté et une remise en cause du modèle social nordique.
Un scrutin à faible participation attendu
Les observateurs s'attendent à une participation modérée, le sujet n'étant pas considéré comme prioritaire par une partie de la population. Le gouvernement a promis de respecter le résultat, mais il n'a pas précisé les suites qu'il donnerait à ce vote.
En cas de victoire du « oui », le gouvernement pourrait entamer des discussions exploratoires avec Bruxelles, sans toutefois relancer formellement le processus d'adhésion. Une victoire du « non » serait perçue comme un désaveu pour la coalition au pouvoir, qui avait fait de cette consultation un engagement de campagne.
Le dépouillement commencera dès la fermeture des bureaux de vote, à 22 heures locales. Les premiers résultats sont attendus dans la nuit de samedi à dimanche.



