Andy Burnham, l'actuel maire de Manchester, est en passe de devenir le prochain chef du Parti travailliste et potentiellement le Premier ministre du Royaume-Uni. Surnommé le « roi du Nord », il bénéficie d'une popularité exceptionnelle dans le nord de l'Angleterre, une région clé pour les travaillistes.
Un parcours politique ascendant
Âgé de 55 ans, Andy Burnham a été député de Leigh de 2001 à 2017 avant de devenir maire du Grand Manchester en 2017. Il a occupé plusieurs postes ministériels sous Gordon Brown, notamment ceux de la Santé et de l'Intérieur. Sa gestion de la pandémie de Covid-19 et de l'attentat de l'Arena de Manchester en 2017 lui a valu une large reconnaissance.
Selon un sondage YouGov réalisé en juin 2025, 62 % des électeurs du nord de l'Angleterre ont une opinion favorable de lui, contre seulement 28 % pour le chef actuel du Labour, Keir Starmer. Cette popularité repose sur son image d'homme proche du peuple et son engagement pour la décentralisation.
Une stratégie de conquête
Burnham a récemment publié un livre intitulé « The Northern Powerhouse: A Vision for Britain », dans lequel il expose son projet de rééquilibrer l'économie britannique en faveur des régions. Il propose notamment de transférer davantage de pouvoirs aux villes et aux comtés, et d'investir massivement dans les transports publics et le logement social.
« Le Royaume-Uni a besoin d'un leadership fort qui ne soit pas uniquement concentré sur Londres. Je veux être ce leader », a-t-il déclaré lors d'un meeting à Leeds le 10 juillet 2025. Sa campagne pour la direction du Labour est officiellement lancée, avec le soutien de plusieurs syndicats majeurs, dont Unite et le GMB.
Les défis à relever
Cependant, Burnham doit faire face à des critiques sur son bilan en matière de sécurité et de transport. Le taux de criminalité à Manchester a augmenté de 15 % en 2024, selon les données de l'Office for National Statistics. De plus, le projet de métro léger du Grand Manchester a accumulé des retards et des dépassements de coûts.
Malgré ces obstacles, les analystes politiques estiment que Burnham est le favori pour succéder à Starmer, dont la cote de popularité est au plus bas après les élections locales de mai 2025, où le Labour a perdu 12 conseils municipaux. Un sondage interne du Labour, révélé par The Guardian, place Burnham en tête des intentions de vote parmi les militants, avec 45 % des voix.
Un impact potentiel sur le paysage politique
Si Burnham devient Premier ministre, il pourrait redéfinir la politique britannique en mettant l'accent sur la décentralisation et la justice sociale. « Sa vision du Nord comme moteur de la renaissance britannique pourrait changer la donne pour des millions de personnes », estime le professeur Jane Smith, spécialiste de la politique britannique à l'Université de Manchester.
Les prochaines semaines seront cruciales pour Burnham, qui doit convaincre l'ensemble du parti et du pays qu'il est l'homme de la situation. Les élections générales sont prévues pour 2029, mais une motion de défiance contre Starmer pourrait accélérer le calendrier.



