Andy Burnham, 56 ans, deviendra le septième Premier ministre britannique en dix ans lundi 20 juillet, après avoir été confirmé à la tête du Parti travailliste ce vendredi 17 juillet. Seul candidat en lice, l'ancien maire du Grand Manchester a obtenu le soutien d'environ 95 % des 403 députés travaillistes et des 11 syndicats affiliés au parti, selon les résultats annoncés à Londres.
Un nouveau leader pour le Labour
Élu député de Makerfield le 18 juin, Andy Burnham succède à Keir Starmer, qui a annoncé sa démission le 22 juin après deux ans de mandat marqués par une impopularité croissante. Dans son premier discours en tant que leader, prononcé au siège de la confédération syndicale TUC, il a promis de "redonner espoir" et d'incarner un parti "authentiquement travailliste". Il a déclaré : "Nous n'allons pas essayer d'être plus verts que les Verts, ni d'être encore plus Reform que Reform UK", en référence au parti anti-immigration de Nigel Farage.
Un programme axé sur la réindustrialisation et la décentralisation
Andy Burnham a promis d'emprunter "une nouvelle voie, différente de celle que nous suivons depuis quarante ans", avec "une économie et un pays qui fonctionne pour tous ses habitants et tous ses territoires". Il a critiqué les décisions des années 1980, lorsque "le pouvoir politique a été centralisé et le pouvoir économique privatisé". Son programme met l'accent sur la réindustrialisation et la décentralisation, avec pour objectif de contrer la montée de Reform UK, en tête des sondages pour les élections législatives de 2029.
Un parcours marqué par la popularité dans le Nord
Surnommé le "roi du Nord", Andy Burnham a été maire du Grand Manchester depuis 2017, où il a gagné en popularité en s'opposant régulièrement au gouvernement central. Avant cela, il avait échoué à deux reprises à prendre la tête du Labour, en 2010 et 2015. Son retour à Londres intervient après une carrière parlementaire entamée en 2001. Il est considéré comme un homme charismatique et un habile communicant.
Des défis économiques majeurs
Le nouveau Premier ministre devra composer avec une croissance atone et des finances publiques sous pression, sur fond de lourd endettement. Selon le politologue Tony Travers, interrogé par l'AFP, "le principal défi auquel Andy Burnham est confronté consiste à donner aux Britanniques le sentiment qu'il a un projet, et qu'il s'agit d'un projet optimiste, capable de générer de la croissance et d'apporter le changement". Travers ajoute que le futur Premier ministre devra rapidement "présenter un programme concret et des mesures que les gens comprennent".
Composition du gouvernement annoncée lundi
La composition du nouveau gouvernement sera annoncée lundi 20 juillet, après la rencontre d'Andy Burnham avec le roi Charles III. Selon plusieurs médias britanniques, l'actuelle ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood pourrait devenir ministre des Finances. Andy Burnham s'est qualifié vendredi de dirigeant "favorable aux entreprises".



