États-Unis : la Syrie retirée de la liste des États soutenant le terrorisme
États-Unis : la Syrie retirée de la liste terroriste

Les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme, a annoncé le département d'État ce mercredi 8 juillet. Cette décision, effective immédiatement, marque un tournant dans la politique américaine envers le régime de Bachar al-Assad, après plus d'une décennie de sanctions et d'isolement diplomatique.

Une décision motivée par des considérations humanitaires et stratégiques

Selon un communiqué du secrétaire d'État Antony Blinken, ce retrait vise à faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire à la population syrienne, durement touchée par le séisme du 6 février 2023 qui a fait plus de 50 000 morts. "Cette mesure permettra de lever les obstacles juridiques à l'assistance internationale et de soutenir les efforts de reconstruction", a-t-il déclaré.

La Syrie figurait sur cette liste depuis 1979, en raison de son soutien présumé à des groupes terroristes comme le Hezbollah et le Hamas. Son maintien sur la liste avait été réaffirmé sous l'administration Trump en 2020, malgré les critiques d'ONG dénonçant un frein à l'aide humanitaire.

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Des conséquences économiques et diplomatiques majeures

Ce retrait ouvre la voie à une levée progressive des sanctions économiques imposées à Damas. Selon des experts, cela pourrait permettre à la Syrie de bénéficier de prêts internationaux et d'investissements étrangers, notamment dans les secteurs de l'énergie et des infrastructures. Toutefois, les États-Unis maintiennent leurs sanctions individuelles contre des responsables syriens accusés de violations des droits de l'homme.

La décision américaine a été accueillie avec prudence par les alliés européens. L'Allemagne a salué "un pas dans la bonne direction" tout en rappelant la nécessité de "conditions claires" pour une normalisation complète. La Russie, alliée du régime syrien, a qualifié cette décision de "victoire de la diplomatie".

Un processus de normalisation en cours

Ce retrait intervient dans un contexte de rapprochement régional. La Syrie a été réintégrée en mai 2023 au sein de la Ligue arabe, après une suspension de plus de dix ans. Plusieurs pays arabes, dont l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont rouvert leurs ambassades à Damas.

Les Nations unies ont salué cette décision, estimant qu'elle pourrait faciliter les négociations de paix et le retour des réfugiés syriens, qui sont plus de 5,6 millions selon le HCR. "C'est une étape importante pour alléger les souffrances du peuple syrien", a déclaré le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Des critiques persistent sur les droits de l'homme

Des organisations de défense des droits de l'homme ont exprimé leur inquiétude. Amnesty International a dénoncé une décision "prématurée" qui "blanchit un régime responsable de crimes de guerre". Le département d'État a répondu que le retrait ne signifiait pas une approbation du régime, mais une mesure pragmatique pour répondre à la crise humanitaire.

Le secrétaire d'État Antony Blinken a précisé que les États-Unis continueraient à soutenir les forces d'opposition modérées et à exiger des comptes pour les atrocités commises par le régime. "Notre engagement en faveur de la justice et de la responsabilité reste inchangé", a-t-il affirmé.

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