Hilma af Klint : une artiste visionnaire ressuscitée par Véronique Le Normand
Hilma af Klint ressuscitée par Véronique Le Normand

Véronique Le Normand publie « Femme, oiseau, étoile de… Hilma af Klint au centre du Je », un ouvrage qui redonne toute sa place à cette artiste suédoise visionnaire. Considérée comme l’une des premières peintres abstraites de l’histoire, Hilma af Klint (1862-1944) a longtemps été éclipsée par des figures masculines comme Kandinsky ou Mondrian. Le Normand s’attache à démontrer que l’abstraction d’af Klint, nourrie de spiritualité et de sciences, est d’une modernité saisissante.

Une œuvre née du spiritisme

Hilma af Klint pratiquait le spiritisme et participait à des séances où elle recevait des messages d’« esprits supérieurs ». C’est sous leur dictée qu’elle réalisa ses premières œuvres abstraites dès 1906, soit cinq ans avant Kandinsky. « Elle ne se considérait pas comme l’auteur de ses tableaux, mais comme un médium », rappelle Le Normand. L’essai met en lumière le lien entre cette démarche occultiste et la création d’un langage visuel radicalement nouveau.

Un essai qui mêle biographie et analyse

Le livre de Véronique Le Normand, qui est également psychanalyste et historienne de l’art, propose une lecture pluridisciplinaire de l’œuvre d’af Klint. Il s’attarde sur ses séries majeures, comme « Les dix plus grands » ou « Le cygne », et décrypte leur symbolisme complexe. « Son travail est traversé par la question du genre, de l’évolution et de la fusion des contraires », écrit-elle. L’auteure s’appuie sur les archives récemment ouvertes de la Fondation Hilma af Klint à Stockholm.

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Une reconnaissance tardive mais éclatante

Longtemps ignorée, Hilma af Klint a connu une reconnaissance posthume spectaculaire. En 2018, le musée Guggenheim de New York lui a consacré une exposition majeure, attirant plus de 600 000 visiteurs. « C’est un phénomène de société : le public est en quête d’une spiritualité alternative et d’une histoire de l’art revisitée », analyse Le Normand. L’essai souligne que l’artiste a anticipé les préoccupations écologiques et féministes contemporaines.

Une écriture poétique et rigoureuse

Le style de Véronique Le Normand, à la fois précis et évocateur, rend accessible les concepts les plus ardus. Elle tisse des parallèles entre les formes géométriques d’af Klint et les découvertes scientifiques de son époque, comme la théorie de la relativité ou la physique quantique. « Elle a pressenti que la matière n’est que de l’énergie », affirme-t-elle. L’ouvrage est enrichi de reproductions d’œuvres et de documents d’archives.

Un livre-événement pour les passionnés d’art

« Femme, oiseau, étoile de… Hilma af Klint au centre du Je » paraît aux éditions L’Atelier contemporain. Il s’inscrit dans une série de publications récentes qui réhabilitent les femmes artistes oubliées. « C’est un acte de justice historique », conclut Le Normand. L’essai devrait séduire autant les spécialistes que les néophytes, grâce à sa clarté et à son érudition.

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