Cyberattaques russes : la France et l'UE sanctionnent neuf individus et quatre entités
Cyberattaques russes : France et UE sanctionnent neuf individus

La France, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont annoncé des sanctions coordonnées contre neuf individus et quatre entités jugés responsables d'une vaste campagne de cyberattaques et d'espionnage attribuée aux services de renseignement russes, en particulier le FSB. Ces opérations ont ciblé plusieurs pays européens, dont la France, l'Allemagne, la Pologne et d'autres, selon des annonces faites lundi 13 juillet 2026.

La France et l'UE dénoncent une campagne systématique

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré sur BFMTV/RMC que ces activités malveillantes étaient orchestrées par le FSB, le Service fédéral de sécurité de la Russie. Il a précisé que les cyberattaques visaient des ministères, des entreprises et des opérateurs d'infrastructures critiques, avec pour objectif « soit de capter de l'information, soit de saboter le fonctionnement, par exemple, d'infrastructures ferroviaires, comme ça a été le cas en Pologne ». La France a « considérablement renforcé ses défenses contre ces attaques cyber », a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le ministère français a souligné que « ces dernières années, la Russie n'a cessé d'intensifier ses actions cyber malveillantes, ciblant particulièrement l'Ukraine et ses soutiens ». Il a également noté que la Russie s'appuie sur un écosystème diversifié d'acteurs non étatiques, y compris des groupes soi-disant « hacktivistes », à des fins de déstabilisation.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des pays de l'UE ciblés, dont l'Allemagne et la Pologne

La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, a précisé dans un communiqué que ces activités ont « consisté en l'infiltration de réseaux gouvernementaux et le sabotage d'infrastructures critiques ». Les pays ciblés incluent la France, l'Allemagne, la Pologne, Chypre, les Pays-Bas, l'Autriche, la Slovaquie, la Roumanie et la Finlande. En Allemagne, « des entités gouvernementales ont été ciblées », selon le communiqué.

Le Royaume-Uni et l'UE ont, pour la première fois, désigné conjointement les services de renseignement russes derrière une attaque contre le réseau électrique polonais. Le FSB avait ciblé des entreprises du secteur avec un « wiper, un logiciel malveillant conçu pour effacer les données sur un réseau informatique », rapporte Le Monde. Cette cyberattaque, qui a échoué, aurait pu priver 500 000 personnes d'électricité « en plein cœur de l'hiver », a dénoncé Londres.

Turla : un outil d'espionnage du FSB depuis 2017

La France a spécifiquement dénoncé le mode opératoire d'attaque appelé Turla, utilisé par le FSB, et plus particulièrement son unité 61 240, chargée du ciblage de la France et située près de Krasnoïe Selo, près de Saint-Pétersbourg. Selon le ministère français, « le FSB a notamment visé des comptes de messagerie internet du ministère des Armées depuis 2017, ainsi que le réseau du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères à l'ambassade de France à Moscou en 2018 ».

En février 2025, un institut de recherche sur les technologies sensibles travaillant pour l'industrie de défense française a également été visé par des cyberattaques conduites par le 16e Centre du FSB, conduisant à l'exfiltration d'un volume significatif de données, a ajouté la même source. Jean-Noël Barrot a affirmé que la France dispose « de l'un des dispositifs les plus aboutis en Europe et dans le monde » pour lutter contre ces agressions hybrides, grâce à Viginum et l'Anssi.

Sanctions et convocation de l'ambassadeur russe

Outre la convocation de l'ambassadeur de Russie en France dans les prochains jours, Paris a annoncé des sanctions contre neuf individus et quatre entités responsables de cette campagne cyber orchestrée par le FSB. Parmi les cibles figure « un groupe ayant revendiqué des actions de déstabilisation contre les Jeux de Paris en 2024 », a précisé le ministère. Le Royaume-Uni a annoncé des sanctions contre 24 individus et entités liées aux services de renseignement russes, tandis que l'UE a imposé des sanctions contre 13 entités et individus, dont des officiers du GRU. L'Allemagne a également convoqué l'ambassadeur russe.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La Russie rejette les accusations

Le Kremlin a qualifié ces accusations de « gratuites ». Le porte-parole Dmitri Peskov a déclaré : « Nous n'acceptons pas ces accusations (...) Elles sont toujours gratuites, elles ne sont jamais argumentées et jamais appuyées par des preuves. »