Au Yémen, la milice houthiste recrute massivement des enfants pour alimenter sa machine de guerre. Selon un rapport des Nations unies publié en juillet 2026, plus de 10 000 enfants ont été enrôlés de force depuis 2014, dont 2 500 en 2025 seulement. Ces enfants, parfois âgés de 8 ans, sont utilisés comme combattants, espions, porteurs de munitions ou boucliers humains.
Un recrutement systématique et violent
Le rapport détaille les méthodes des Houthis : rafles dans les écoles, mosquées et camps de déplacés, promesses de salaires ou de nourriture, menaces contre les familles. Les enfants suivent un entraînement militaire accéléré avant d'être envoyés au front. « Ils sont conditionnés à considérer la mort comme un honneur », explique un enquêteur de l'ONU cité dans le document.
Les Houthis justifient ces pratiques par la nécessité de défendre le pays contre la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Mais les experts dénoncent une violation flagrante du droit international humanitaire, qui interdit le recrutement de mineurs de moins de 15 ans.
Des conséquences dramatiques
Les enfants soldats subissent des traumatismes physiques et psychologiques irréversibles. Beaucoup sont tués ou blessés, d'autres sont marqués à vie par la violence. « J'ai vu mon ami mourir à côté de moi. Je ne peux plus dormir », témoigne Ahmed, 14 ans, qui a réussi à fuir.
L'UNICEF estime que 2 millions d'enfants yéménites souffrent de malnutrition aiguë, tandis que des milliers d'autres sont déscolarisés. La guerre, qui dure depuis 2014, a fait plus de 377 000 morts, dont une majorité de civils.
Une impunité quasi totale
Malgré les condamnations internationales, les Houthis continuent leurs recrutements. Aucun responsable n'a été poursuivi pour ces crimes de guerre. L'ONU appelle à des sanctions ciblées et à un embargo sur les armes, mais les divisions au sein du Conseil de sécurité bloquent toute action.
Les familles, elles, vivent dans la terreur. « Chaque jour, je crains que mon fils ne soit pris », confie Oum Kalthoum, mère de trois garçons. « La communauté internationale doit agir maintenant, avant qu'une autre génération ne soit perdue. »



