Donald Trump a une nouvelle fois attisé la défiance envers les vaccins lors d'un meeting samedi en Pennsylvanie, les qualifiant de « danger » et reprenant des théories complotistes déjà démenties par les scientifiques. Selon des propos rapportés par nos confrères de Reuters, l'ancien président a déclaré : « Les vaccins sont un danger, ils détruisent notre système immunitaire. » Des affirmations sans fondement qui interviennent alors que les autorités sanitaires américaines constatent une recrudescence des cas de rougeole et de COVID-19.
Des propos dangereux pour la santé publique
Les spécialistes de la santé publique s'inquiètent de l'impact de ces déclarations. Selon une étude récente de la Kaiser Family Foundation, 28 % des adultes américains hésitent encore à se faire vacciner contre le COVID-19, et les propos d'une figure politique aussi influente pourraient renforcer cette hésitation. Le Dr Anthony Fauci, ancien conseiller médical de la Maison Blanche, a rappelé que les vaccins ont permis de sauver des millions de vies et que les allégations de Trump sont « totalement infondées ».
Lors de son meeting, Trump a également évoqué un lien entre les vaccins et l'autisme, une théorie largement discréditée depuis des années. Il a affirmé que « de nombreux enfants développent des troubles après la vaccination », sans citer aucune étude scientifique. Ces propos ont été immédiatement dénoncés par des pédiatres et des associations de parents, qui rappellent que les études épidémiologiques n'ont jamais établi de lien entre vaccination et autisme.
Un contexte politique et sanitaire tendu
Cette offensive intervient à quelques mois des élections de mi-mandat, où Trump cherche à mobiliser sa base électorale. Il a promis que s'il était réélu en 2024, il « supprimerait les obligations vaccinales » et « enquêterait sur les laboratoires pharmaceutiques ». Ces positions pourraient séduire une partie de l'électorat conservateur méfiant envers les institutions, mais elles inquiètent les experts en santé publique.
Actuellement, les États-Unis font face à une vague de COVID-19 due au variant Omicron BA.5, avec une moyenne de 120 000 cas par jour. Le taux de vaccination est de 68 % pour la population totale, mais il stagne dans certains États républicains. En Alabama, seulement 47 % des habitants sont complètement vaccinés, selon les données des CDC. Les déclarations de Trump pourraient encore freiner la vaccination dans ces régions.
La réponse des autorités et des scientifiques
Face à cette offensive, les autorités sanitaires multiplient les mises en garde. La secrétaire à la Santé, Xavier Becerra, a déclaré : « Les vaccins sont sûrs et efficaces. Les propos de M. Trump sont irresponsables et dangereux pour la santé des Américains. » Des campagnes de communication sont en cours pour contrer la désinformation, notamment sur les réseaux sociaux où les théories complotistes prolifèrent.
Les scientifiques rappellent que les vaccins contre le COVID-19 ont été administrés à plus de 600 millions de doses aux États-Unis, avec des effets secondaires graves extrêmement rares. Selon les CDC, le risque de myocardite après la vaccination est de 1 sur 100 000, bien inférieur au risque lié à l'infection elle-même. Les bénéfices des vaccins dépassent largement les risques, comme le confirment toutes les études indépendantes.
Un impact potentiel sur la confiance dans la science
Au-delà du COVID-19, ces attaques pourraient éroder la confiance dans tous les vaccins, y compris ceux contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Or, la couverture vaccinale contre la rougeole est passée sous le seuil de 95 % nécessaire pour l'immunité collective dans plusieurs comtés du pays, selon une analyse de l'Université de Pittsburgh. Cela a conduit à des épidémies localisées, comme celle du Minnesota en 2017 qui avait touché 75 personnes.
Les experts appellent à une réponse ferme des autorités et des médias pour contrer ces fausses informations. Le Dr Peter Hotez, vaccinologue à Houston, a déclaré : « Nous assistons à une véritable guerre contre la science. Il est crucial de rétablir les faits et de protéger la santé publique. »
En attendant, les partisans de Trump continuent de relayer ses propos sur les réseaux sociaux, et les plateformes comme Facebook et Twitter peinent à endiguer la désinformation. La bataille pour la vaccination s'annonce longue, et les déclarations de l'ancien président ne font qu'attiser les tensions.



