Dans un entretien accordé au Monde, le politologue suédois Staffan Ingemar Lindberg, directeur du projet V-Dem (Varieties of Democracy), dresse un constat alarmant : le recul démocratique observé à l'échelle mondiale est inédit depuis le début des mesures systématiques. Selon lui, la tendance à l'autocratisation touche désormais plus de 70 % de la population mondiale, un phénomène sans précédent.
Un déclin accéléré
Lindberg souligne que ce recul n'est pas uniforme mais qu'il s'accélère dans de nombreuses régions, notamment en Europe de l'Est, en Asie et dans les Amériques. Les indicateurs clés comme la liberté d'expression, l'indépendance judiciaire et la tenue d'élections libres se dégradent rapidement. Il cite l'exemple de la Hongrie et de la Pologne, où les réformes constitutionnelles ont affaibli les contre-pouvoirs, ainsi que celui des États-Unis, où la polarisation politique menace les institutions.
Les causes structurelles
Le politologue identifie plusieurs facteurs explicatifs : la montée des populismes, l'érosion de la confiance dans les institutions, la désinformation massive via les réseaux sociaux, et les crises économiques qui favorisent les discours autoritaires. Il insiste sur le rôle des nouvelles technologies qui permettent une surveillance de masse et une manipulation de l'opinion.
Conséquences globales
Ce recul démocratique a des répercussions directes sur les droits humains, la lutte contre le changement climatique et la coopération internationale. Lindberg estime que les démocraties doivent se réinventer en renforçant la participation citoyenne et la transparence pour contrer cette tendance. Il appelle à une vigilance accrue de la part des organisations internationales et des sociétés civiles.
En conclusion, Staffan Ingemar Lindberg rappelle que la démocratie n'est jamais acquise et qu'elle nécessite un engagement constant. Il espère que cette analyse servira de signal d'alarme pour les gouvernements et les citoyens du monde entier.



