Sous Trump, étudier Israël-Palestine à l'université devient une épreuve
Sous Trump, étudier Israël-Palestine à l'université devient une épreuve

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les chercheurs et enseignants qui travaillent sur le conflit israélo-palestinien aux États-Unis subissent une pression croissante. Selon un article du Monde, mener un projet sur Israël et la Palestine dans une université américaine est devenu une épreuve institutionnelle.

Un climat de suspicion et de dénonciation

Les professeurs et étudiants qui organisent des conférences, des séminaires ou des cours sur ce sujet sont régulièrement accusés d'antisémitisme ou de partialité pro-palestinienne. Des associations pro-israéliennes, souvent soutenues par des fonds privés, surveillent les programmes et signalent les contenus jugés hostiles à Israël.

Plusieurs universités ont ainsi annulé des événements ou retiré leur soutien à des projets de recherche, craignant des répercussions financières ou politiques. Selon l'article, un chercheur interrogé explique que « la simple mention du mot Palestine dans un titre de cours peut déclencher une plainte ». Cette atmosphère pousse certains enseignants à l'autocensure.

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Des conséquences sur les carrières et les financements

Les jeunes chercheurs, notamment ceux d'origine palestinienne ou arabe, sont les plus exposés. Plusieurs d'entre eux ont vu leur contrat non renouvelé ou leur bourse supprimée après avoir organisé une conférence ou publié un article jugé trop critique envers Israël. « Nous avons perdu des financements fédéraux pour un projet de recherche sur l'eau dans la région parce qu'il mentionnait la Cisjordanie », témoigne un professeur de sciences politiques dans l'article.

L'administration Trump a renforcé cette tendance en signant un décret exécutif, en décembre 2019, qui permet de considérer certaines critiques d'Israël comme une forme d'antisémitisme. Ce texte, intitulé « Combattre l'antisémitisme », reprend la définition de l'antisémitisme de l'Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah (IHRA), qui inclut des exemples comme « la comparaison de la politique israélienne à celle des nazis » ou « la revendication de l'existence d'un État d'Israël comme un projet raciste ».

Un impact sur la diversité des points de vue

Cette pression institutionnelle réduit la diversité des perspectives académiques sur le conflit. Les départements d'études du Moyen-Orient, d'histoire ou de sciences politiques peinent à recruter des spécialistes de la Palestine, par crainte des controverses. « Nous avons renoncé à embaucher un expert reconnu de la question palestinienne parce que le conseil d'administration s'y opposait », confie un doyen d'université interrogé par le journal.

À l'inverse, les programmes soutenant la vision israélienne bénéficient de financements conséquents. Selon l'article, des fondations pro-israéliennes versent des millions de dollars à des chaires et des centres d'études qui promeuvent une lecture favorable à Israël. Cette asymétrie financière fausse le débat universitaire.

En conséquence, de nombreux étudiants et enseignants estiment que la liberté académique est gravement menacée. « Nous ne pouvons plus enseigner ce sujet de manière équilibrée sans risquer notre carrière », conclut le chercheur cité par Le Monde. La situation illustre comment le contexte politique américain actuel redessine les contours de la recherche universitaire sur l'un des conflits les plus sensibles du monde.

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