Vingt-huit hommes poursuivis pour homosexualité présumée au Sénégal ont été remis en liberté, a annoncé leur avocat, Me Moussa Sarr, samedi 8 août. Ils avaient été interpellés lors d'une rafle dans une maison de la banlieue de Dakar, la capitale, et placés en détention préventive.
Une libération après plusieurs semaines de détention
Les faits remontent au mois de juillet, lorsque les forces de l'ordre avaient procédé à l'arrestation de ces hommes lors d'une opération menée dans un quartier résidentiel de Dakar. Selon les informations recueillies, ils étaient accusés d'actes homosexuels, un délit passible de cinq ans de prison au Sénégal en vertu de l'article 319 du code pénal.
Après plusieurs semaines de détention préventive, le parquet a finalement décidé de les remettre en liberté, sans toutefois les blanchir. Les charges n'ont pas été abandonnées, mais les hommes sont désormais libres dans l'attente de la suite de la procédure judiciaire. Leur avocat, Me Moussa Sarr, a exprimé sa satisfaction, tout en soulignant que cette libération ne signifie pas la fin de l'affaire.
Une pratique courante au Sénégal
Cette affaire s'inscrit dans un contexte où les personnes accusées d'homosexualité sont régulièrement arrêtées et poursuivies au Sénégal. Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement ces pratiques, qui violent les droits fondamentaux des personnes LGBTQ+. Selon l'association locale « Rainbow Sénégal », plus de 50 personnes ont été arrêtées pour des motifs liés à leur orientation sexuelle au cours des deux dernières années.
Les avocats de la défense soulignent souvent que la loi coloniale, héritée de la France, est utilisée pour stigmatiser et persécuter les homosexuels. Ils appellent à sa réforme, mais les autorités sénégalaises restent fermes, affirmant que l'homosexualité est contraire aux valeurs culturelles et religieuses du pays.
Un espoir pour les accusés
Pour les 28 hommes libérés, c'est un soulagement, mais ils restent sous la menace d'une éventuelle reprise des poursuites. Leur avocat a indiqué qu'il allait continuer à les défendre et qu'il espérait obtenir un non-lieu. « Nous allons nous battre pour qu'ils soient définitivement blanchis », a-t-il déclaré à l'Agence France-Presse.
Cette libération intervient alors que le débat sur les droits LGBTQ+ est vif dans le pays. En 2023, le gouvernement avait annoncé la création d'un comité pour réfléchir à une éventuelle dépénalisation, mais aucune avancée concrète n'a été enregistrée. Les organisations de défense des droits humains continuent de plaider pour une abrogation de la loi, tandis que les autorités maintiennent leur position.
En attendant, les 28 hommes vont pouvoir retrouver leurs familles, mais ils devront rester prudents, car ils restent sous le coup d'une procédure judiciaire. Cette affaire met en lumière les difficultés rencontrées par les personnes homosexuelles au Sénégal, où l'homophobie est encore largement répandue.



