Le mouvement islamiste palestinien Hamas a réaffirmé, jeudi 8 août, sa disposition à mettre en œuvre le plan de paix soutenu par les États-Unis pour la bande de Gaza, selon un communiqué officiel. Cette déclaration intervient alors que les négociations indirectes avec Israël, par l'intermédiaire des médiateurs qatari et égyptien, semblent dans l'impasse depuis plusieurs semaines.
Une position inchangée malgré les tensions
Dans son communiqué, le Hamas a précisé que sa position « n'a pas changé » et qu'il est « prêt à discuter de la mise en œuvre » du plan présenté par le président américain Joe Biden en mai dernier. Ce plan prévoit un cessez-le-feu permanent, le retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza, et la reconstruction de l'enclave palestinienne. Le Hamas a également appelé les États-Unis à « faire pression » sur Israël pour qu'il accepte de revenir à la table des négociations.
Cette réaffirmation survient après plusieurs jours de frappes israéliennes meurtrières dans le sud de la bande de Gaza, qui ont fait au moins 17 morts, selon des sources médicales palestiniennes. Le Hamas a dénoncé ces frappes comme une « escalade dangereuse » et a appelé la communauté internationale à intervenir.
Des négociations en suspens
Les pourparlers, qui devaient reprendre le 31 juillet à Doha, ont été reportés sine die après l'assassinat du chef politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, à Téhéran. Cet assassinat, attribué à Israël par le Hamas et l'Iran, a considérablement compliqué les efforts de médiation. Le nouveau chef du bureau politique du Hamas, Yahya Sinouar, n'a pas encore donné de signaux clairs sur la reprise des discussions.
Selon un diplomate occidental cité par l'Agence France-Presse, « le Hamas veut des garanties sur la mise en œuvre du plan avant de s'engager dans de nouvelles discussions ». Le mouvement exige notamment un calendrier précis pour le retrait israélien et l'acheminement de l'aide humanitaire.
Un plan en trois phases
Le plan soutenu par les États-Unis, adopté par le Conseil de sécurité de l'ONU en juin, prévoit trois phases. La première inclut un cessez-le-feu de six semaines et un échange de prisonniers. La deuxième phase prévoit le retrait total des forces israéliennes de Gaza et la fin permanente des hostilités. Enfin, la troisième phase est consacrée à la reconstruction de l'enclave, qui pourrait durer plusieurs années et coûter des dizaines de milliards de dollars.
Le Hamas a souligné que « la balle est dans le camp d'Israël » et que le mouvement est « sérieux » dans son engagement à parvenir à un accord. Toutefois, les divergences persistent sur le contrôle de la frontière entre Gaza et l'Égypte, ainsi que sur le nombre de prisonniers palestiniens à libérer.
La pression internationale s'accentue
La communauté internationale, notamment les États-Unis, le Qatar et l'Égypte, intensifie ses pressions pour relancer les négociations. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a déclaré que « les prochaines semaines seront cruciales » pour parvenir à un accord. Il a également appelé les deux parties à « faire preuve de flexibilité » et à « éviter toute action unilatérale ».
De son côté, l'Union européenne a réitéré son soutien au plan de paix et a appelé à un « cessez-le-feu immédiat » pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire. Selon l'ONU, plus de 2 millions de Palestiniens sont déplacés et la famine menace une grande partie de la population de Gaza.
En attendant, la population de Gaza continue de subir les conséquences du conflit. Selon le ministère de la Santé du Hamas, le bilan des victimes depuis le 7 octobre 2023 dépasse les 40 000 morts, dont une majorité de femmes et d'enfants. Une situation humanitaire désastreuse qui pousse de nombreuses organisations à demander une action urgente.



