Théorie du racisme anti-asiatique dans le foot : une intox
Racisme anti-asiatique au foot : théorie conspirationniste démontée

Depuis la finale de la Ligue des Champions remportée par le PSG, une théorie conspirationniste enflamme les réseaux sociaux. Un extrait de cinq secondes montrant Kang In-li, joueur sud-coréen, s'approchant du trophée avant que la caméra ne change de plan a suffi à déclencher la polémique. Les internautes crient au scandale et dénoncent une censure systématique des footballeurs asiatiques lors des remises de trophées. « Encore un joueur asiatique victime des préjugés européens », peut-on lire sur X.

Des preuves qui ne tiennent pas la route

L'enquête révèle quelques cas troublants : Yu Hirakawa avec Hull City, Takumi Minamino à Liverpool ou Shinji Okazaki lors du sacre de Leicester. Mais les contre-exemples abondent. Yoon Joon-Yang filmé soulevant le trophée du Celtic Glasgow, Hug Min-Seo capitaine de Tottenham, ou Daishi Kamada à Crystal Palace : tous ont été montrés à l'écran sans problème.

Cette théorie, née sur Reddit en février 2022, s'est propagée via une compilation de vidéos courtes sur YouTube puis X, atteignant 15 millions de vues. Pourtant, elle repose « sur du vent » selon l'analyse des faits. L'arbitrage vidéo le confirme : aucune censure organisée, juste quelques coïncidences montées en épingle par les réseaux sociaux.

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Une intoxication virale mais infondée

La théorie a été démontée par plusieurs médias et fact-checkers. Les images incriminées sont souvent sorties de leur contexte ou tronquées. Par exemple, le plan sur Kang In-li a été coupé non pas pour le censurer, mais pour montrer un autre angle du trophée, comme cela se pratique couramment.

Les experts interrogés soulignent que le racisme anti-asiatique est un vrai problème dans le football, mais que cette théorie spécifique est infondée. « Il ne faut pas confondre des coïncidences de réalisation avec une volonté délibérée de nuire », explique un journaliste sportif.

L'émission "Tant d'écrans" a consacré un épisode à ce phénomène, rappelant que les théories du complot prospèrent souvent sur les réseaux sociaux, où les algorithmes favorisent les contenus polémiques. « Cette théorie sur les joueurs asiatiques censurés ne tient pas la route », conclut le reportage.

Un phénomène récurrent

Ce n'est pas la première fois qu'une théorie conspirationniste liée au football émerge sur les réseaux sociaux. En 2022, une rumeur similaire avait accusé les médias de censurer les joueurs noirs. Elle avait été démentie de la même manière.

Les spécialistes appellent à la vigilance face à ces intox qui divisent et attisent les tensions communautaires. « Les réseaux sociaux amplifient tout, y compris les fausses informations. Il est essentiel de vérifier les sources avant de partager », rappelle un chercheur en sciences de l'information.

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