Une décision historique pour les victimes de stérilisations forcées au Pérou
La Cour interaméricaine des droits humains a rendu un jugement sans précédent jeudi 5 mars, reconnaissant la responsabilité du Pérou dans la stérilisation forcée et la mort de Celia Ramos Durand. Cette femme, originaire du nord du pays, était âgée de 34 ans au moment de son décès. Cette décision marque une étape cruciale dans la lutte pour la justice des milliers de femmes affectées.
Une reconnaissance attendue par les victimes
Cynthia Silva, avocate au sein de l'organisation féministe Demus qui a porté l'affaire devant la justice internationale, se réjouit de cette avancée. « C'est une décision historique et une reconnaissance pour les milliers de femmes victimes de stérilisations forcées au Pérou », déclare-t-elle. Le jugement, qui est contraignant, impose au Pérou des obligations spécifiques pour assurer la justice et la réparation.
Les obligations imposées au Pérou
Le Pérou est désormais tenu de :
- Réaliser une enquête sérieuse dans un délai raisonnable pour identifier et juger les responsables de la stérilisation non consentie.
- Mettre en place une politique de réparation pour la famille de Celia Ramos Durand.
- Ouvrir la voie à la réparation des plus de 7 000 victimes inscrites au registre national des victimes de stérilisations forcées.
Ces mesures visent à corriger les injustices commises dans le cadre d'une politique d'État présentée comme un programme de planification familiale et de contrôle de la natalité.
Un contexte politique autoritaire
Cette politique a été appliquée entre 1996 et 2000 sous la présidence autoritaire d'Alberto Fujimori, décédé en 2024. Elle a touché plus de 300 000 femmes, dont les 7 000 victimes inscrites ne représentent qu'une fraction. Le jugement de la Cour interaméricaine souligne l'ampleur de ces violations des droits humains et établit un précédent important pour la responsabilisation des États.
Cette décision intervient alors que des rassemblements de victimes, comme celui tenu à Lima le 6 mars 2026, continuent de réclamer justice et réparation. Elle offre un espoir aux survivantes et à leurs familles, tout en rappelant la nécessité de vigilance contre de telles pratiques.



